Au CD&V : un dernier président pour la route ?

Au CD&V : un dernier président pour la route ?
Au CD&V : un dernier président pour la route ? - © Tous droits réservés

À l’élection présidentielle du CD & V, il y aura comme au MR un deuxième tour. Mais alors qu’au MR le patron sortant Charles Michel a mis son parti en ordre de bataille derrière un candidat (Georges Louis Bouchez), ici le CD & V a été littéralement laissé à l’abandon. Non seulement les ténors ne se sont pas présentés au scrutin, mais ils n’ont pas réussi ou pas voulu se mettre d’accord sur un favori. C'est une atmosphère de déclin, comme si le CD&V se choisissait un dernier président, pour la route. 

Résultat ? Au premier tour aucun des 7 candidats ne dépasse les 26%. Prenons donc le podium. Walter de Donder, le fameux lutin plop fait 16%, arrivé deuxième, Sammy Mahdi, le président de jeunes CD & V fait 19%. Le premier Joachim Coens, le patron du port de Zeebrugge et bourgmestre de Damme fait 26%.

Coens Favori ?

Joachim Coens est le favori, même s’il n’a réuni que 6% en plus que Sammy Madhi. Pourquoi ? Parce qu’il vient de Flandre Occidentale. Or, c’est une terre où les militants CD&V sont très nombreux. Ils représentent un quart des votants du parti. C’est évidemment un avantage indéniable. Ensuite, c’est un patron, le patron du port de Zeebrugge, c’est rassurant pour l’électorat CD&V. Enfin, c’est un bourgmestre, le bourgmestre de Damme. Il convainc l’état profond, le Deep State du CD&V qui reste plus que les autres un parti de bourgmestres.

Le challenger c’est donc Sammy Mahdi. Il est né à Bruxelles, de père Irakien et de mère flamande. Il s’est installé à Vilvoorde et a décidé de gravir les échelons, il est aujourd’hui conseiller communal et président des jeunes CD & V. Il a pour lui d’être plus médiatique, plus connu en Flandre que Joachim Coens. Il a aussi pour lui d’être plus présent sur les réseaux sociaux et d’incarner le renouveau, il a le même âge que le tout nouveau président du Spa Coner Rousseau.

Mais problème, il n’a pas beaucoup de soutien en interne. La plupart des voix qui se sont exprimées suite à l’annonce du premier tour allaient plutôt vers Joachim Coens. Et puis les leaders du brabant flamand, les Koen Geens et autre Eric Van Rompuy ne montent pas au front pour le défendre. Ce sera donc compliqué pour lui.

Un tournant pour le CD & V ?

La désignation du nouveau président aura de l’influence pour les francophones, car la position du CD & V est cruciale dans ses négociations. Aucun des deux n’est en pointe en matière communautaire comme peuvent l’être Hendrik Bogaert ou Eric Van Rompuy.

Joachim Coens a un profil très centre-droit, plutôt enclin à suivre la N-VA, mais c’est à confirmer. On retiendra côté francophone que c’est lui qui avait propos de mettre en place un gouvernement de technocrate si la crise politique n’était pas résolue au premier janvier. Sammy Mahdi, lui est plus original, en tant que président des jeunes CD & V il est favorable à refédéraliser certaines compétences et à en régionaliser d’autres. Il est important de signaler qu’il s’est opposé très durement à la ligne identitaire imprimée par la N-VA au nouveau gouvernement Flamand. Par exemple il s’est battu sans succès contre ce canon historique ou les conditions renforcées pour obtenir un logement social. Mais il n’a pas été très suivi.

La question qui va s’ouvrir pour ce nouveau président c’est quel pouvoir aura-t-il ? Puisqu’aucun des barons n’a daigné se présenter. Le nouveau président devra s’imposer aux Geens, Crevits, Beke, De Crem. La vraie prise de pouvoir, commencera seulement après l’élection.





 

 

 

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