Assouplissements : avons-nous appris de nos erreurs ?

Assouplissements : avons-nous appris de nos erreurs ?
Assouplissements : avons-nous appris de nos erreurs ? - © Tous droits réservés

C’est le lot des fins de semaine, vendredi c’est CODECO, comité de concertation. Avec ce matin, un possible signal, la reprise des métiers de contact le 13 février. Un assouplissement qui fait penser aux assouplissements du 23 septembre qui avaient précipité la Belgique dans la deuxième vague.

Aujourd’hui avec le recul, il est évident pour tous les observateurs raisonnables, que ce 23 septembre la décision politique a été à contre-courant de la réalité d’une épidémie qui reprenait de plus belle. Evident aussi que cette décision a favorisé la deuxième vague. Maintenant qu’on commence à reparler d’assouplissement, il est logique de se poser la question, avons-nous appris de nos erreurs ? Va-t-on retenir de ce comité de concertation du 5 février qu’il a préparé la troisième vague ?

Contexte sanitaire différent

Alors il faut signaler d’abord que le contexte sanitaire n’est pas le même. A l’époque presque tout (ou presque) était ouvert. Les grands rassemblements étaient encore interdits. Les contacts sociaux étaient limités par bulle de 5. Et nous n’avions pas de vaccins. Nous sortions de l’été, les journées raccourcissaient et les interactions sociales étaient très élevées, avec le retour à l’école, à l’unif et au travail et depuis 15 jours l’épidémie est hors de contrôle du point de vue des infections et déjà des hospitalisations. Un partie des experts s’en inquiétaient déjà.

Aujourd’hui nous sommes en plein hiver, les journées rallongent, l’Horeca est fermé, la culture aussi, nous avons moins d’interactions sociales. La courbe épidémique n’apparaît pas comme hors de contrôle. Les infections remontent lentement mais les hospitalisations sont à la baisse depuis plusieurs jours. Mais par contre les virologues et épidiémiologistes qui conseillent le gouvernement s’inquiètent de la montée progressive des variants qui pourrait à tout moment faire basculer la situation. Le taux de reproduction du Virus est à 1, on est sur une ligne de crête.

Démobilisation similaire

Parmi les similarités avec le 23 septembre, il faut souligner que grâce aux efforts de la population la Belgique s’était retrouvée avec un niveau de circulation du virus relativement bas. Plus bas que d’autres pays. En septembre Israël procédait déjà à un reconfinement généralisé, l’Espagne bouclait certains quartiers de Madrid, le Royaume-Uni décidait d’un couvre-feu. Nous avions géré la petite reprise de l’été. Trop confiants, nous étions, comme dirait Yoda.

Et aujourd’hui comme à l’époque plutôt qu’avoir un effet de mobilisation, la réussite collective a engendré une démobilisation. C’est assez frappant de voir que comme à l’époque, l’industrie de la carte blanche tourne à plein régime pour remettre en cause la sévérité des mesures. Comme à l’époque les virologues et autres épidémiologistes qui conseillent le gouvernement sont passés du statut de sauveur digne d’avoir un album panini à celui de marchands de peurs. Des experts intéressés par le pouvoir, voire par l’argent, assoiffés de dictature sanitaire. C’est comme ça, les virologues on les aime pendant les vagues on les déteste entre elles.

A l’époque dans cette grande incertitude, le politique, pas fâché de voir les marchands de peurs se crêper le chignon avec les marchands de déni, avait pris en compte la démobilisation de la population, la lassitude pour assumer un passage en mode "gestion du risque" qui épargne autant que possible la vie économique et sociale.

Contexte politique différent

A la différence du 23 septembre nous avons un gouvernement majoritaire de plein exercice et un ministre de la santé. Ce qui était frappant le 23 septembre c’était l’absence de Maggie De Block, Sophie Wilmès était à l’avant-plan, les régions étaient derrière.

Ici Frank Vandenbroucke va représenter la santé publique aux côtés des autres intérêts qui s’expriment. On est donc dans un cadre plus classique de négociation. Ce contexte politique différent devrait nous éviter de revivre un 23 septembre de revivre l’illusion que l’épidémie est derrière nous.

 

 

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