Anvers : meurtre en pleine campagne

Anvers: meurtre en pleine campagne
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Le meurtre de Julie Van Espen bouscule la campagne en Flandre. Il faut bien prendre la mesure de la commotion engendrée par ce meurtre au nord du pays. Dès hier soir, le ministre de la Justice Koen Geens a assumé à la VRT, assumé que le principal suspect a été condamné deux fois pour viol, quatre ans de prison en 2017 mais qu’en attendant le procès en appel, il était resté libre. Le constat est lourd. Le meurtrier présumé aurait, selon toute logique, dû se trouver derrière les barreaux plutôt que le long du canal Albert. Le Standaard résume ce matin : ce meurtre était-il évitable ? Une communauté qui ne peut pas protéger ses jeunes des prédateurs échoue dans sa mission première et la plus importante. Qui sera tenu pour responsable ? La question est bien celle-là : qui sera tenu pour responsable ?

Le CD&V et Koen Geens sont sous pression

En arrière-fond, l’affaire Dutroux. Marc Dutroux qui a commis ses enlèvements alors qu’il était libéré sous conditions en 1992. A l’époque, le ministre de la Justice  Melchior Wathelet et son parti le PSC avaient été pointés du doigt. Ce débat avait d’ailleurs conduit à une réforme du système de la libération conditionnelle.

Le cas d’Anvers n’est pas entièrement comparable. Il n’y a pas, à l’inverse de 1992, d’intervention directe du ministre Koen Geens. C’est un juge qui a décidé de ne pas placer le condamné en détention dans l’attente de son procès en appel. A priori, il n’y a pas eu d’erreur, de faute de Koen Geens. Il a d’ailleurs préféré jouer la transparence pour éviter des polémiques à rallonge. Koen Geens, qui jouit en Flandre d’une réputation de bon gestionnaire, est tout de même sous pression. L’affaire peut devenir politique en pleine campagne électorale c’est évident. Cela va dépendre de deux choses : l’attitude des proches de la victime, est-ce qu’ils vont pointer un doigt accusateur envers le politique ? Deuxième paramètre, l’attitude des adversaires politiques de Koen Geens.

Un impact indirect ?

Si la responsabilité de Koen Geens n’est pas directement engagée, deux questions sont par contre ouvertes et impliquent sa politique et le gouvernement sortant. La lenteur de la justice d’abord. Le suspect du meurtre a été condamné en 2017 et attend toujours son procès en appel. A Anvers, la Cour d’appel a dû fermer une de ses chambres faute de juge au cadre. La lenteur de la justice, son manque de moyen, voilà un sujet potentiel pour la campagne.

L’autre aspect c’est l’attitude de la justice, de l’appareil judiciaire et policier, des autorités publiques face aux violences faites aux femmes.
Deux fois condamné pour viols et pourtant libre, cela pose la question : est-ce que le viol est considéré avec suffisamment de gravité, d’importance par tous les acteurs de la chaîne judiciaire ? Après l’affaire Weinstein, la question avait été largement ouverte, les réponses n’ont pas suivi…
 

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