08.06.14, la Flandre indépendante?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Elio Di Rupo engrange des accords mais c’est Bart De Wever qui en profite ! Selon le sondage La Libre-RTBF-Dedicated Research, le vote indépendantiste en Flandre représente… 49,9% (N-VA 39,8% + VB 8,4% + LDD 1,7%) ! Soit une majorité de députés potentielle.

Tout le travail de la coalition future consistera à empêcher que la Flandre, avec Bart De Wever à sa tête, soit en mesure de se déclarer indépendante le soir du 8 juin 2014 !

La tripartite qui s’installe peine à convaincre, essentiellement en Flandre. En Wallonie, PS, MR et cdH réaliseraient des scores légèrement inférieurs aux résultats des législatives de juin 2010. Par contre, c’est la bérézina pour les partis négociateurs. SP.A, CD&V et Open-VLD feraient ensemble (39,2%) moins bien que la seule N-VA. Les quatre partis traditionnels (46,7% ensemble) n’arriveraient même plus à former une majorité.

Clairement, la N-VA est en train de siphonner les électorats du Vlaams Belang, de l’Open-VLD et du CD&V. Ces deux partis sont condamnés à utiliser leurs futures participations gouvernementales pour tenter d’inverser la tendance. Il leur faudra donc être plus flamand et plus libéral ! Pas forcément de bonne augure pour le putatif Premier ministre socialiste et wallon.

Ce gouvernement sera celui des arbitrages permanents comme il sied aux tripartites. La Belgique a connu cela sous l’Arc-en-Ciel mais à une époque où il n’y avait pas de problèmes budgétaires et où les problèmes communautaires étaient placés au frigo ou encore sous le bref gouvernement Leburton !

Les débats budgétaires et communautaires à la Chambre, où il faudra traduire en textes de loi les énormes accords engrangés, s’annoncent agités, d’autant qu’il reste dans les deux domaines de sérieuses zones d’ombre : la croissance économique sera quasi-nulle en 2012, il faudra trouver de nouvelles économies, le compte des 11,3 milliards n’y est pas vraiment, la date des transferts de compétences n’est pas fixée ni l’adaptation de la loi de financement. Autant d’obstacles où la N-VA se fera entendre et où même Ecolo et Groen ! pourraient avoir des réticences à apporter la majorité des 2/3 nécessaire.

Avant les élections de 2010, il se disait, sous forme de boutade, que si un francophone, un socialiste wallon, même Elio Di Rupo devenait Premier Ministre, il serait le dernier de la Belgique !

Cette fois, un Premier Ministre sera resté près de 600 jours en affaires courantes… En 2014, Elio Di Rupo s’il est toujours au 16, risque d’y rester très longtemps regarder les affaires du Royaume courir.

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