Quelqu'un a des nouvelles de Paul M. et Rudy D.?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Belgique a ceci de particulier qu’aucun de ses six gouvernements n’a autorité sur l’autre et que pour faire fonctionner l’"État belge" ce ne sont pas moins de six entités politiques qui sont censées se concerter.

Quand on retrouve les mêmes coalitions à chaque niveau, cela peut se faire relativement sans peine. La Belgique en 2016 démontre depuis bientôt deux ans que tout cela devient très problématique. On ne reviendra pas sur le fonctionnement erratique actuel du comité de concertation.

Chacun chez soi

Si la "lasagne institutionnelle" démontre régulièrement son inefficacité, elle permet aussi à chaque entité de poser sa marque. Ainsi, le gouvernement flamand entend depuis les années 80, de marquer sa différence. Entre 1981 et 1992, Gaston Geens a tenu à souligner les succès flamands face à l’inertie belge ou au "conservatisme" social et économique de la Wallonie. C’était alors Flanders Technology face à la sidérurgie carolo-liégeoise en déclin.

Depuis le gouvernement flamand a toujours tenu à apparaître comme le "premier de classe" des gouvernements de Belgique, ne manquant que rarement l’occasion de faire la morale aux autres.

A ce jeu-là, les gouvernements wallon et de la Fédération restent bien discrets.

Leurs partis sont régulièrement très critiques vis-à-vis des décisions du fédéral mais pourraient faire en sorte que les entités qu’ils dirigent, constituent des contre-exemples qui fonctionnent face au remous social provoqué aujourd’hui par le Fédéral. On est loin du compte.

Discrétion

Rudy Demotte et Paul Magnette semblent préférer faire profil bas là où le gouvernement flamand met en avant ses réalisations.

La structure du secondaire vient ainsi d’y être revue, les compétences des provinces largement redistribuées vers les communes ou la Région et surtout, nouveauté née de la dernière réforme de l’État, la Flandre vient de redéfinir ses allocations familiales: 160€/mois  pour chaque enfant.

En Wallonie et à Bruxelles, on tâtonne toujours.

PS et cdH montrent aussi qu’ils ont quelque mal à se situer par rapport aux différentes actions sociales, n’osant pas les condamner vivement ni non plus y apporter un soutien franc : entre le drapeau blanc des uns, et le "FGTB n’est pas socialiste" des autres, on sent l’hésitation voire le malaise.

L’occasion était pourtant belle tant pour Paul Magnette ou Rudy Demotte de se présenter en alternative au modèle fédéral, à sa politique.

Certes, les relations sociales entre patrons et syndicats sont bien meilleures en Wallonie mais ne produisent à ce stade, rien de concret.

Discrétion sans esbroufe certes, mais tout cela manque de souffle. Wallonie et Bruxelles ont besoin d’un élan, d’un dynamisme qui fait aujourd’hui défaut. Face aux difficultés apparues au fédéral, c’est sans doute une occasion manquée.

@PhWalkowiak

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