MRER: le tocsin brabançon

Finalement, à quoi bon être quasiment le plus populaire en Flandre si la grogne commence à sourdre sur ses propres terres électorales ? Cela a dû être l’analyse rapidement faite tant au 16 rue de la Loi, chez le Premier Ministre/député-bourgmestre empêché de Wavre (Brabant Wallon) qu’avenue de la Toison d’Or, siège du MR où sont remontés les mécontentements des élus de la "base".

Circonscrire l’incendie bleu

L’annonce, mardi, par la ministre de la Mobilité du quasi-arrêt du développement du RER vers le Brabant Wallon a provoqué stupeur et colère chez les bourgmestres de la "jeune province" et singulièrement à la Hulpe et Rixensart, où on subit depuis des années les aléas des expropriations et des travaux du RER.

Le Brabant wallon est aussi une terre de majorités absolues libérales qu’il convient de conforter à un peu plus de deux ans des élections communales.

Plus généralement, le parti libéral ne pouvait se permettre de se présenter aux prochaines échéances électorales en ayant envoyé au rayon des GTI (Grands Travaux Inutiles) les infrastructures déjà érigées le long des lignes 126 et 161.

Reste une question : dans un dossier aussi sensible que le RER, Jacqueline Galant a-t-elle décidé seule de réduire le projet faute de moyens ou s’était-elle concertée avec le cabinet du Premier Ministre ? Un RER réduit en Wallonie n’avait été pas démenti en tout cas à l’issue du Comité de Concertation du 27 janvier dernier où Charles Michel avait pris la parole sur la question.

Compensations

La SNCB a le charme des vieilles institutions belges où tout est communautaire : de temps immémoriaux (loi spéciale de 1980), il a été décidé que les investissements sur le rail se répartiraient selon une clé 60/40 entre Flandre et Wallonie. Les Wallons, qui disposent pourtant des voies avec le plus d’ouvrages d’art, des lignes les plus longues et les plus exposées au climat ou à la topographie, se sont déjà fait gruger à ce moment mais dans la Belgique communautaire, c’est quasiment une tradition…

Toujours est-il que si Charles Michel a décidé qu’il trouvera les 800 millions euros nécessaires à l’achèvement du RER wallon, il devra automatiquement trouver 1,2 milliard pour la Flandre alors que la SNCB doit réaliser près de trois milliards euros d’économies d’ici 2019 !

À la N-VA, on commence à s’impatienter et à faire le forcing sur le "maillon faible" francophone. Les nationalistes ont déjà rebaptisé leur alliée (sic) "ministre de l’Immobilité" et exige que Jacqueline Galant avance rapidement sur le service minimum à mettre en œuvre à la SNCB en cas de grève, sur le survol de Bruxelles ou sur le RER autour de Gand et Anvers.

Le MR devra-t-il faire des concessions pour prix du "sauvetage" de sa ministre et pour les millions indispensables au RER wallon ?

La question n’est plus de savoir si on construit deux ou quatre voies mais quel en est le prix… politique et financier.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK