Et la campagne ne fait que commencer...

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

A force, Charles Michel va peut-être pouvoir ouvrir une boutique de déco, spécialisée dans l’encadrement !!

Cette fois, c’est la secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté, à l'Égalité des chances, aux Personnes handicapées et à la Politique scientifique, chargée des Grandes villes (sic), la toute nouvelle Zuhal Demir qui a très rapidement fait l’objet des remontrances primo-ministérielles.

La secrétaire d’État a gravement mis en cause un des partenaires de la coalition fédérale, assimilant le CD&V à un parti musulman prêt à tout pour récolter des voix, considérant ces musulmans comme du vulgaire bétail électoral.

Arbitre

Charles Michel est très rapidement intervenu pour faire savoir qu’il la rappelait à l’ordre : Les mots qu'elle emploie sont déloyaux et inacceptables au sein d'une coalition. Le Premier ministre ne tolère absolument pas ce comportement. Il est tout à fait dans son rôle mais cela montre aussi les limites du système de coalition à la belge ou le Premier ministre est plus un coordinateur d’équipe, notaire scrupuleux d’un accord de gouvernement que le leader incontesté d’un projet politique. Zuhal Demir, comme avant elle Theo Francken, savent tous deux que leur avenir politique dépend bien plus de Bart De Wever que de Charles Michel. Les remontrances de ce dernier (comme de ses prédécesseurs au 16) sont avant tout symboliques et un gage donné au partenaire chrétien-démocrate.

La secrétaire d’État a refusé de s'excuser.

Parfum de campagne

Ce nouveau "couac" s’inscrit essentiellement dans la rivalité entre partis flamands avant les prochains rendez-vous électoraux. Au nord comme au sud, ils vous diront tous publiquement le contraire, mais tous pensent déjà "campagne électorale", le diptyque communales octobre 2018 + fédérales/régionales/européennes mai 2019.

Bart De Wever reste attaché à son idéal d’un grand parti de droite, populaire. Il ne peut donc étendre son Forza Flandria qu’en direction des électeurs chrétiens, libéraux ou du Vlaams Belang. La volonté de la N-VA de réduire l’impôt des sociétés (qui ne figure pourtant pas dans l’accord de gouvernement), d’employer tous les moyens contre les migrations ou de figurer à la pointe de la lutte contre le terrorisme (comme le démontre l’empressement de Bart De Wever à communiquer après le faux-attentat du Meir à Anvers), d’assimiler à présent le CD&V au parti des musulmans s’inscrivent dans cette stratégie. En Flandre, dans les sondages d’intentions de vote, les nationalistes restent loin devant tout le monde. La N-VA pense que sa stratégie est payante ; elle continuera à éreinter le CD&V, et tant pis pour les coalitions gouvernementales.

En Wallonie aussi, le regard est fixé sur les échéances électorales… et les sondages. A ce stade, le PS préfère faire profil bas. La montée du PTB et ensuite le scandale Publifin l’ont affaibli, au point de reporter l’atterrissage des "Chantiers des Idées", censés relancer le parti. Le 1er mai prochain, les socialistes seront quelque peu forcés de sortir du bois. Mais là aussi, les pensées seront tournées vers le scrutin communal. Celui a beau ne se tenir que dans 18 mois, il conditionne déjà les comportements d’aujourd’hui d’autant que l’électorat apparaît plus volatile que jamais.

@PhWalkowiak

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