Sexualité : de l'abstinence à la violence, tout une palette de comportements

Sexualité :  de l'abstinence à la violence, tout une palette de comportements
Sexualité : de l'abstinence à la violence, tout une palette de comportements - © Tous droits réservés

1 % de la population ferait le choix de vivre sans sexualité. Un choix conscient motivé par l’absence de désir. Un choix à contrecourant d’une tendance lourde :  l’hypersexualisation de notre société.

Ils s’appellent entre eux les asexuels. S’ils finissent par vivre sans relation sexuelle, ce n’est pas par choix religieux ou philosophique, rien à voir avec les prêtres ou les religieuses qui rentrent au couvent, c’est simplement par absence de désir. Ils n’en ressentent pas l’envie d’avoir une relation sexuelle, ils s’en passent. Cette attitude provoque l’étonnement, l’incompréhension. Et pourtant ne pas vouloir de relations sexuelles (ou en avoir une tous les trois ans) relève de la liberté individuelle. Cela ne devrait susciter ni moquerie ni rejet, au même titre que l’homosexualité, la transsexualité, ou bien sur l’hétérosexualité. Le droit à disposer de son corps comme on l’entend, à condition bien sûr de le faire avec un partenaire consentant, inclut le droit de ne rien en faire.

Une abstinence à l’inverse  des tendances actuelles

Nous sommes dans une société de l’hypersexualisation. Les sociologues, les philosophes, les psys en tous genres se sont déjà beaucoup penchés sur la question. La pilule contraceptive, le préservatif, la libération des mœurs, la sécularisation de nos société (avec le recul du mariage et des valeurs religieuses), l’utilisation de l’atout séduction pour faire vendre, dans la publicité ou à la une des magazines : nous sommes quotidiennement bombardés de stimuli érotiques ou sexuels, tout cela existe depuis les années 60. Mais ce  n’est rien par rapport à ce qui est en train de se produire avec internet. Aujourd’hui deux adolescents sur trois ont déjà vu un film pornographique avant l’âge de 15 ans. C’est facile, il suffit de faire une recherche sur google. Un jeu d’enfant quand vous avez un smartphone, vous pouvez le faire dans votre chambre à coucher comme dans la cour de récréation.  Cela conditionne évidement votre image de la sexualité. Combiné avec l’idée que dans nos sociétés, il faut être performants et se comparer au voisin, vous imaginez les dégâts. L’amour et la sexualité ce n’est pas la même chose. Il est pourtant très facile et très tentant, d’entretenir la confusion.

Le danger du recours à la violence

C’est une scène que avez peut-être déjà observé, d’une grande banalité. Une soirée un peu arrosée, un garçon un peu collant qui serre une fille d’un peu trop près. Il va voler un baiser, avoir les mains baladeuses, et la jeune fille va finir par se retrouver coincée contre un mur. La plupart des témoins ne réagiront pas et pourtant c’est bien une agression sexuelle. Le fait que le sexe soit devenu un bien de consommation, considéré comme un dû,  n’arrange rien. Il y a 8 plaintes par jour pour viol en Belgique. Compte tenu du fait que 9 fois sur 10 l’agresseur est un proche (une fois sur deux c’est le mari ou concubin), et que 9 fois sur 10 la victime n’en parle jamais, on arrive au chiffre hallucinant d’une centaine de femmes violées ou sexuellement agressées quotidiennement en Belgique.

Hasard de l’actualité, les prostituées du quartier nord à Bruxelles sont en grève. Elles protestent contre l’insécurité après que l’une d’entre elles ait été retrouvée poignardée lundi soir. Le droit à la sécurité existe tout le monde. Il ne devrait pas être en concurrence avec le droit au plaisir.  Y compris pour les femmes et  les prostitué(e)s.

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