Semaine de la mobilité, pourquoi faire? C'est le portefeuille qui compte!

En termes journalistiques, c’est ce qu’on appelle un marronnier. Chaque année, des dizaines de milliers de Bruxellois profitent d’une ville sans voiture. Vélo, rollers et patinettes sont les rois du bitume. Il y a des odeurs de fête et de merguez au parc royal, les enfants finissent exténués et les automobilistes indécrottables ronchonnent.

Chaque année, les journalistes y vont de leur couverture de l’événement. Micro trottoir, images insolites, le roi sur son vélo, et petit rappel de ce que nous coûte la congestion automobile.

Et chaque année, l’inévitable débat sur deux colonnes, d’un côté celui qui est pour, de l’autre celui qui est contre, et la conclusion inévitable, une journée sans voiture, c’est très bien, mais, ce qu’il faudrait vraiment, c’est un changement en profondeur de nos comportements.

Si l'on convoque les chiffres, on peut même leur faire dire ce qu’on veut. D'un coté, le nombre de voyages en transport en commun qui ne cesse d’augmenter, que ce soit à la SNCB ou à la STIB. De l’autre le nombre de voitures immatriculées qui ne diminue pas… il y en 5 700 000, une voiture pour deux habitants, nourrissons compris.

La semaine de la mobilité : une initiative européenne

Tout part de Reykjavík, en Islande, qui lance une Première journée sans voiture en 1996. L’année suivante c’est La Rochelle en France qui embraye, enfin, où on embraye plus justement. L’année suivante, 1998, l'Union européenne s’associe au projet et lance une semaine de la mobilité.

Désormais, 2500 villes dans tout l'Europe y participent, et les plus fervents sont les Espagnols. La tendance est massive : de plus en plus de centres-villes font le choix de devenir piétonniers. Bien sûr, tous les Européens ne sont pas égaux face à la mobilité. Bruxelles attend toujours son RER. Même la ligne du métro nord vient d’être retardée dans l’indifférence générale.

Pourtant, les Belges ont donné l’exemple. Mais c’était il y a longtemps…

Avez-vous une idée de la date de la première journée sans voiture ? 1956 ! Il y a 61 ans ! Deux générations ! Avec une motivation qui n’est pas du tout de protéger l’environnement ou d’améliorer la mobilité. À l’époque, il s’agit de faire des économies de carburant. On est en pleine crise du Canal de Suez. Faute d’approvisionnement, les pays européens rationnent l’accès au carburant. La Belgique, la Suisse et les Pays-Bas inventent donc les premières journées sans voiture. Interdiction de rouler le dimanche.

1973, premier choc pétrolier, le prix de l’essence flambe, l’initiative est rééditée. Il y aura, en 1973, quatre dimanches sans voiture sur tout le pays. Et ce n'est pas tout : cette année-là, on limite la vitesse à 80 km/h sur les routes normales et à 100 km/h sur les autoroutes. On ferme les écoles le samedi et on précise même que le thermostat ne doit pas monter plus haut que 20 degrés dans les bâtiments publics. C’était drastique, c’était en 1973. Et personne ne râlait. En Belgique, il semble plus important de protéger son portefeuille que de protéger ses poumons.

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