Salon de l'auto : entre pollution au diesel et savane africaine

Salon de l'auto : entre pollution au diesel et savane africaine
Salon de l'auto : entre pollution au diesel et savane africaine - © Tous droits réservés

Il n’est pas encore ouvert ce salon, et pourtant il est partout. Mercredi la journée presse, jeudi la journée professionnelle et à partir de vendredi seulement, l’ouverture au grand public. À partir de là on sera parti pour 10 jours d’exposition non-stop, avec deux weekends et trois ouvertures en soirée. 500 000 visiteurs attendus c’est effectivement énorme. La voiture reste, qu’on le veuille ou non, au cœur de nos vies quotidiennes. C’est vrai pour des questions utiles, les déplacements, le transport, la "mobilité" comme on dit aujourd’hui, mais aussi les technologies et leur impact sur l’environnement.

Cela l’est aussi pour des questions économiques, qu’on achète une voiture à 10 000 ou à 40 000 euros c’est un investissement important. C’est aussi un secteur économique qui fait vivre des milliers de personnes. Sans oublier les questions esthétiques, de passion pour les uns, de testostérones pour les autres. C’est donc logique que les journalistes s’intéressent à tout cela. Le problème c’est qu’en plus des articles et des reportages vous allez avoir droit à des publicités à n’en plus finir. À la télévision, en radio, en dépliants dans les boîtes aux lettres, dans des suppléments encartés dans les magasines. Même si vous détestez les voitures, le Salon de l’auto c’est le moment où vous avez l’impression d’avoir une auto dans le salon.

Ce qui est pratique au salon de l’auto : pouvoir comparer

C’est clair que pour le consommateur avoir toutes les marques au même endroit est effectivement pratique. Du point de vue de l’observateur on pourra se poser quelques bonnes questions : est-ce que les constructeurs ont enfin pris conscience que le diesel était particulièrement polluant ? Pourquoi est-ce que les véhicules hybrides sont toujours aussi chers, au point qu’en termes de parts de marché ils font du sur place ? Est-ce que l’électrique va gagner un jour en autonomie et qu’on pourra faire Paris-Marseille sans s’arrêter toutes les deux heures pour recharger ?  Pourquoi est-ce que l’un des grands matchs du salon va se jouer sur le secteur des SUV, ces grosses machines surélevées, et pourquoi est ce que certains leur ajoutent en plus un pare-buffle, qui donne au piéton le sentiment d’être une antilope poursuivie par des braconniers dans la savane, alors que le SUV en question ne va jamais quitter le bitume de sa vie ? C’est le genre de questions qu’on peut se poser au Salon de l’auto.

Suis-je caricatural ?

Pas tant que cela. Au Salon de l’auto il y a cette année 8 palais du parc d’exposition consacrés aux voitures. C’est énorme. Il y a deux palais pour les deux roues. Il y aura un palais consacré à la micro mobilité et à la mobilité partagée. Et attention cette exposition là n’est ouverte que pour les 3 derniers jours. C’est comme pour la pollution des moteurs diesel. Si l’on avait du attendre que le secteur automobile s’autorégule le problème serait toujours là. C’est bien l’intervention des pouvoirs publics, à coup de réglementations contraignantes, qui fait bouger les choses. Les visiteurs du salon ne devraient pas l’oublier. A l’exception des enfants qui accompagnent leurs parents, ils sont presque tous automobilistes. Ils sont aussi, tous, vraiment tous, piétons et  citoyens.

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