Pourquoi la RTBF doit se transformer

Pourquoi la RTBF doit se transformer
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La RTBF va se transformer. Une nouvelle organisation de l’entreprise a été approuvée par le conseil d’administration. Avec un nouvel organigramme et des directeurs qui devront changer de poste: une manière de s’adapter à un monde en pleine révolution.

On peut même dater précisément le début de cette révolution: juillet 1977 lorsque la première démonstration de réseaux informatiques interconnectés a lieu aux États-Unis. Ce sont les militaires qui gèrent l’opération. En 1984 des civils s’impliquent dans le processus et emploient pour la première fois le nom d’internet. Ce protocole qui permet d’échanger d’ordinateur à ordinateur à travers un réseau mondial a pulvérisé les frontières. C’est vrai pour les frontières des Etats. C’est vrai aussi pour les frontières des médias. Avant internet les rôles étaient bien répartis. La radio annonçait, la télévision montrait, la presse écrite décodait. Aujourd’hui tout est un peu mélangé. De l’écrit, de la photo, du son, de la vidéo: nous passons de l’un à l’autre sans difficulté, sur nos écrans, sur nos smartphones. Troisième temps fort de notre révolution digitale, février 2004, la naissance de Facebook. Tout le monde devient producteur d’information. La vidéo d’un chat en tutu a autant (ou plus) d’impact qu’un article du New York Times. C’est cette révolution là que les médias doivent gérer.

Comment la RTBF va-t-elle se transformer?

Pour faire simple on ne va plus parler de radio, de télévision et de web, en trois entités séparées qui communiquent plus ou moins bien entre elles, mais plutôt des programmes et de leur diffusion. Il y aura d’un côté un pôle contenu, qui créera des programmes, de l’information par exemple, et de l’autre un pôle médias, qui s’occupera de diffuser ces programmes. Cela veut dire que les 1980 personnes employées par la RTBF vont devoir progressivement raisonner en dehors des cases traditionnelles radio, TV, web. Cela ne se fera pas en 3 mois. C’est une transformation de longue durée. Pour l’auditeur cela ne changera rien. On continuera bien sûr à faire de la radio, de la TV et du web. Il y aura toujours des chroniques, des débats, des interviews sur la première. L’idée c’est que ces chroniques, ces débats, ces interviews soient plus facilement accessibles sur d’autres plateformes. En d’autres termes on s’adapte aux nouveaux moyens de consommer de l’information, de la musique, de la fiction, ou du divertissement.

La RTBF n’est pas la seule à devoir évoluer

La révolution digitale touche tous les médias. En France on étudie un rapprochement en Radio France et France Télévision, comme un retour au temps de l’ORTF. Plus proche de nous, les groupes de presse écrite discutent de synergie. Entre le groupe Rossel et l’Avenir. Avec IPM pour d’autres aspects : les éditeurs savent qu’ils doivent se regrouper pour survivre. Chez nos confrères de RTL, le plan d’évolution passe par le licenciement d’une personne sur 6. L’enjeu est donc crucial pour tout le monde. Pour les professionnels des médias mais surtout pour le grand public. Parce que le jour où Facebook, Google ou Netflix auront pris la place des médias européens… c’est tout simplement notre culture qui aura disparu. Notre capacité à penser et à voir le monde avec des yeux de belges francophones qui serait rayée de la carte…. Un enjeu à coté duquel les batailles d’Uber avec les taxis ou d’Amazone avec les libraires feraient presque figure d’anecdote.

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