Migrants en route vers l'Angleterre : formidable hébergement citoyen

Migrants en route vers l'Angleterre :  formidable hébergement citoyen
Migrants en route vers l'Angleterre : formidable hébergement citoyen - © Tous droits réservés

La décision a été confirmée hier soir par le conseil communal de la ville de Bruxelles. Elle financera un bâtiment qui pourra compléter l’hébergement mis en place par des citoyens. Il était temps que les structures officielles se préoccupent de la question.

Ils sont plusieurs dizaines de bénévoles à se présenter chaque soir au parc Maximilien, au cœur de Bruxelles. Au nom de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés ils organisent l'accueil. Qui a besoin d’un toit pour la nuit. Qui peut prendre en charge le transport vers un lieu d'hébergement. L’organisation est rodée, efficace, on a envie de dire professionnelle. À l’autre bout de cette chaîne humaine, des familles. Bruxelloises, Wallonnes, Flamandes. Elles ont décidé de mettre une chambre, un canapé, un matelas, une douche à disposition. Cela peut être pour un soir ou pour plus longtemps. Ces familles acceptent de rogner un peu sur leur intimité et sur leur confort pour remplir un devoir d’entraide. Elles le font dans la discrétion, sans tapage. Elles sont pourtant ce qui se fait de mieux en Belgique en matière de solidarité. Pas de grand discours, un acte concret. C’est grâce à cet hébergement citoyen que la Belgique échappe à une crise humanitaire probable et à une honte certaine.

Le futur bâtiment mis en place par la ville de Bruxelles va-t-il changer quelque chose ?

Il va permettre de servir de relais. 7 étages, et plus de 3000 mètres carrés. Il est important de noter que la ville va payer le loyer mais laissera la gestion aux associations (médecins du monde et la plateforme citoyenne entre autres). Cela ne sera pas suffisant et l’accueil chez des particuliers restera une nécessité. Mais oui ce bâtiment est important parce qu’il permettra un accueil d’urgence. On pourra offrir sur place un lit pour quelques nuits, mais aussi des services en matière de santé par exemple. Des sanitaires. Des soins infirmiers. Des choses qui se font à même la rue pour l’instant. Le bâtiment qui sera loué pour 4 mois permettra de faire tout cela au sec et au chaud. Il évitera à des dizaines d’hommes et de femmes de dormir dehors par des températures négatives. On le sait, chaque hiver à Bruxelles il faut loger plus d’un millier de personnes dans des structures d’urgence. C’est le plan hiver lancé habituellement à la mi-novembre. Y ajouter plusieurs centaines de migrants livrés à eux même, c’était courir vers le chaos. Prendre le risque de voir des gens mourir de froid dans la rue. Une situation qu’aucun citoyen mais surtout aucune autorité ne devrait pouvoir tolérer.

Pourquoi l’Etat fédéral refuse-t-il d'intervenir ?

Nous avons entendu Théo Francken sur la Première, chez Thomas Gadisseux. Par crainte d’un appel d’air et d’un afflux plus massif encore de migrants explique-t-il. On peut comprendre le secrétaire d'Etat, discuter du bien fondé de ses craintes ou de l'efficacité de son action. Mais ce matin nous ne parlons pas de politique ou de migration, mais d’humanité. Des hommes et des femmes sont là. On n’y peut rien. Ni Théo, ni nous. Quand vous êtes érythréen, somalien, afghan, irakien, Bruxelles est sur la route de l’Angleterre. Vous fuyez la famine, une guerre ou simplement la misère. Vous passerez donc par Bruxelles. Si des politiques ont décidé de faire l’autruche ou de fermer les yeux, heureusement qu’il existe des citoyens un peu plus lucides. Et un peu plus courageux.

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