Israël : l'ambassade américaine ne cache ni le droit international ni la bombe démographique

L’Etat d’Israël commémore les 70 ans  de sa création. Un anniversaire qui sera marqué par le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. En apparence tout va bien pour les israéliens. Et pourtant,  il faut se méfier des apparences.

 Des drapeaux, une inauguration en grande pompe, des médias par dizaines et  la fille de Donald Trump. La cérémonie du transfert de cette ambassade n’est pas anodine. Elle donne raison à cette phrase slogan que les autorités israéliennes répètent sans cesse depuis des décennies : " Jérusalem capitale éternelle et indivisible d’Israel ". Elle tord le bras aux résolutions des Nations Unies et au droit international qui depuis 1947 prévoit un statut à part pour Jérusalem, reconnaissant que la ville est occupée par deux communautés et  historiquement liée aux trois grandes religions monothéistes, elle entérine un état de fait, qui est l’occupation et l’administration, on pourrait presque dire la confiscation   des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est par l’Etat israélien.

Pour l’Amérique de Donald Trump cette occupation n’existe pas, la ville est réunifiée,  les résolutions des Nations Unies et les plans de partage peuvent attendre. Comme l’économie du pays va bien, qu’Israel gagne toutes ses guerres, qu’il est plus que jamais un allié précieux des américains dans la région, et que sa candidate a même gagné l’Eurovision (alors qu’en face les palestiniens sont plus divisés et décrédibilisés que jamais), on serait tenté d’écrire que du point de vue Israélien tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. 

Face à la suprématie israélienne, les tentatives de révolte palestiniennes ne pèsent plus lourd

 La victoire des uns repose sur la défaite des autres. À la commémoration de la naissance d’Israël répond la commémoration de la Nakba, la " catastrophe " pour les palestiniens. Les deux célébrations sont organisées à 24 heures d’intervalle. En 1948 des centaines de villages palestiniens ont été rasés, plus d’un million et demi de personnes chassées de leur habitation. Un exode. Alors c’est vrai, les marches réclamant le droit au retour des palestiniens n’impressionnent pas beaucoup côté israélien. Au pire on ouvre le feu quand les manifestants s’approchent trop près. Cette vision de la loi du plus fort néglige un paramètre essentiel, celui de la démographie. Aujourd’hui il y a un peu plus de 8,5 millions de citoyens israéliens. Il faut en retrancher 1,5 million d’arabes israéliens, qui sont les descendants des palestiniens restés en Israël. Plus tolérés qu’intégrés (ils sont par exemple dispensés de service militaire dans un pays où servir l’armée fait partie de la culture nationale). Il faut ajouter 3 millions de palestiniens résidants en Cisjordanie, près de 2 millions  à Gaza, plus de 4 millions qui ont émigré en Jordanie. Vous ajoutez la diaspora, on parle de 11 millions voir de 12 millions de palestiniens. Et l’écart ira croissant : les palestiniens  font deux fois plus d’enfants que les israéliens. Israël a beau avoir les yeux rivés sur l’Iran et la Syrie il doit aussi faire face à une bombe démographique. Une bombe placée sous ses pieds et qui à long terme ne pourra qu’exploser.

La réponse est-elle dans le droit international ?

Elle devrait l’être. Si on a inventé le droit et la justice c’est justement pour se protéger de la loi du plus fort. Pour que les plus faibles ne soient pas soumis sans restriction au bon vouloir du dominant. Ce qui est vrai pour les individus l’est aussi pour les Etats. Si le droit international reconnaît l’existence de l’état d’Israël, que son droit à se protéger est légitime, ce droit international ne reconnaît ni les territoires annexés par la force, ni l’unification forcée de Jérusalem. C’est sans doute le bon jour pour le rappeler.

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