iPhone, smartphone : outils d'aliénation ou de libération ?

Iphone, smartphone : outils d'aliénation ou de libération ?
Iphone, smartphone : outils d'aliénation ou de libération ? - © Tous droits réservés

Un écran toujours plus grand, une reconnaissance faciale à la place du code secret, un chargeur sans fil… Apple a présenté hier soir l’iPhoneX. L’occasion de faire le point sur 10 ans de smartphones : aliénation ou révolution ?

22h45 hier soir. J’ai jeté un coup d’œil sur mon fil Facebook, vérifié les emails du boulot, consulté mon agenda du lendemain. Puis j’ai réglé mes deux réveils : celui qui est sur ma table de nuit et celui qui est sur mon smartphone . 6h ce matin le radio réveil s’est déclenché en premier. 5 Minutes après l’alarme du smartphone sonnait à son tour. J’ai regardé à nouveau mes mails, consulté mon fil Facebook. J’ai attrapé ma tablette et j’ai commencé à lire les journaux, parce que sur mon smartphone l’écran est trop petit. J’ai tweeté le thème cette chronique. Mon smartphone ne m’a pas quitté dans les heures suivantes. En montant dans la voiture, en sortant de la voiture, dans l’escalier, en réunion, et même pendant les repas, il me relie en permanence au monde. Nous sommes nombreux à être dans cette sorte de dépendance frénétique. Ce ne sont plus les messages que nous recevons qui comptent ou la qualité des réponses que nous leur apportons. Mais bien le fait d’être joignable partout, tout le temps, et en capacité de répondre instantanément. Si on s’arrêtait deux secondes, on se rendrait compte que répondre trois heures plus tard ne changerait pas la face du monde, mais non le smartphone est là et nous le regardons compulsivement pour être sûr de ne rien rater. Nous pestons même quand sa batterie, ce point faible, s’épuise. En moyenne les propriétaires d’un smartphone passe 3 heures 20 par jour sur leur écran. Pour notre employeur c’est évidement tout bénéfice. Avec un accro au smartphone il n’y a plus de frontière entre temps de travail et temps de repos.

La faute d’Apple et de son iPhone ?

En partie puisque l’iPhone est quasi-synonyme de smartphone. Il y a 10 ans son écran tactile à tout changé, copié aujourd’hui par tous les autres fabricants. Revenez 10 ans en arrière. Est-ce que vous souvenez quels étaient les smartphones les plus innovants juste avant le lancement de l’iPhone ? Il y en avait deux. D’abord un Nokia plat et rectangulaire qui se dépliait en deux. En haut l’écran, en bas le clavier. Et puis le BlackBerry, plus large avec un clavier qwerty aux touches minuscules. L’innovation à l’époque c’était de pouvoir envoyer des mails. Pas d’écran couleur, pas de photo, pas de vidéo, le smartphone était un outil de travail. Vous voyez qu’on est loin de la reconnaissance faciale en 3 D de l’iPhone X. En 10 ans on a complètement oublié ces modèles, comme si le temps s’était subitement accéléré et qu’avant l’iPhone c’était la préhistoire.

Pourrions-nous travailler sans smartphone ?

Petit souvenir personnel. Un de mes premiers reportage radio en direct, il y a 25 ans : une grève dans une usine. Ce direct téléphonique était fait depuis le parking de l’usine, dans une cabine à pièces. Aujourd’hui avec un smartphone je serai à l’intérieur de l’usine avec les ouvriers. Je vous enverrai du son et probablement une vidéo ou une photo. Dans beaucoup de métiers, dont celui de journalistes, nous avons donc le sentiment qu’il serait impossible de travailler aujourd’hui sans smartphone. Pourtant si vous y réfléchissez, l'information c’est ce qui se passe dans le monde réel, pas la vitesse à laquelle on le partage. Que les journalistes aient un smartphone ou pas…, cela n'empêche pas la grève d’exister. Et le journaliste doit en rendre compte en s’affranchissant des contraintes techniques. Aujourd’hui un Belge sur deux possède un smartphone. Cela veut dire aussi qu' y un sur deux n’en a pas.

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