Esprit de Noël, es-tu là ?

Esprit de Noël, es-tu là ?
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Noël : célébration religieuse, fête païenne ou grosse opération commerciale ? Un peu des trois à la fois. Pour  la fête nous sommes prêts. Pour la solidarité avec les plus démunis, il y a comme un bug.

Nous allons nous arrêter au IVe siècle, l’époque Gallo-Romaine. C’est à ce moment-là qu’on commence à fêter la naissance de Jésus-Christ et qu’on fixe cette fête au 25 décembre. La première trace écrite remonte à l’année 336. Dans les premiers temps de la chrétienté c’est uniquement Pacques qu’on célébrait. L’instauration de ce second temps fort dans l’année chrétienne se greffe sur des traditions païennes qui sont bien plus anciennes et qui sont liées au solstice d’hiver. Coté romain, la fête du soleil invaincu. Sol Invictus, une divinité qui mélangeait Apollon , dieu grec , et Mithra, divinité hindoue. Chez les nordiques c’était la fête de Yule un roi arbre, qui chaque hiver revient visiter ses enfants et récompense ceux qui ont bien agit. La tradition chrétienne a donc absorbé, digéré, recyclé ces moments festifs. Et si avec la sécularisation de la société la célébration religieuse a reculé, les traditions de noël sont restées. C’est le cas du père noël, qui est un hybride entre le Yule nordique et notre Saint-Nicolas par exemple.

Peut-pn définir un esprit de Noël ?

Tentons l’exercice. On va retenir deux références. D’abord les textes religieux, les évangiles qui relatent la naissance de Jésus-Christ, dans une grotte à Bethleem. Et puis Charles Dickens auteur anglais du XIX siècle. Des évangiles on retiendra que Marie et Joseph vivaient dans une grande pauvreté et avaient été contraints de se déplacer pour un recensement imposé par un empereur romain. C’était un peu les migrants de l’époque. Qu’à Bethleem personne n’avait voulu les accueillir et que ce sont des bergers, les pauvres parmi les pauvres, qui leur ont renseigné cette grotte utilisée comme étable. De Charles Dickens on retiendra la défense du droit des enfants qui traverse toute son œuvre et aussi l’idée que Noël est un période ou l’on doit faire le bien autour de soi, où l’oppression et l’égoïsme doivent reculer.  Cette période de Noël est celle où l’on stoppe les combats, la trêve des confiseurs, et celle où l’on tente de faire la paix avec soi-même pour se consacrer à ses proches, celle où l’on va se tourner vers les plus déshérités et leur tendre la main.

Cet esprit de Noël est-il présent ?

Il n’est pas vécu par tout le monde de la même façon. Il est difficile d’imaginer que l’esprit de Noël planait hier soir sur le parc Maximilien quand des policiers sont venus arrêter quelques dizaines de sans-papiers. C’est vrai on n’était que le 20 décembre, ce n’était pas encore la nuit de Noël. Mais il est probable que parmi les personnes arrêtées hier quelques-unes passeront le réveillon dans un centre fermé. Une opération qui survient alors qu’on vient d’apprendre que des personnes expulsées vers le Soudan y ont subi des mauvais traitements (alors que la presse et les défenseurs des droits de l’homme avaient bien alerté du danger, le gouvernement fédéral s’était drapé dans sa dignité offensée).  Une opération qui survient alors qu’au même moment le premier ministre, sur la RTBF, tient de mâles propos pour dire qu’on suspend les expulsions vers le Soudan. Une opération qui survient alors que ce matin la Libre Belgique publie des PV qui tendraient à prouver que des rafles d’étrangers en situation irrégulière ont bien été planifié et qu’il y avait bien des quotas contrairement à ce qu’assurait le ministre de l’intérieur. Il faudrait relire les évangiles ou Charles Dickens.  Il y a d’un côté l’esprit de Noël, et de l’autre les contradictions de Noël.

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