Dans un an, les élections communales préfigureront-elles la grande élection de 2019 ?

Dans un an, les élections communales préfigurent-elles la grande élection de 2019 ?
Dans un an, les élections communales préfigurent-elles la grande élection de 2019 ? - © Tous droits réservés

Une élection peut en cacher une autre.

Ce sera le 14 octobre. Dans un an et un jour très exactement. Bourgmestres, échevins, conseillers communaux, conseillers de CPAS, mais aussi en Wallonie, conseillers provinciaux et députés permanents, tous ces mandats seront mis en jeux. Réfection des routes, rénovation d’une salle de quartier, fonctionnement des écoles communales, impôts communaux : l'élection communale se joue souvent sur des dossiers de proximité, ce n’est pas toujours de la grande politique.

Elle se joue aussi sur la personnalité et sur le lien direct d’un élu avec ses électeurs. On pense à Alfred Garenne à Mouscron. Le sens du contact, une grande disponibilité et une très grande force de travail. Un élu pour qui le projet du rond-point du coin, avait autant d’importance que le tax-shift ou les pôles de compétitivité. C’est ce genre de candidat très proche de leurs préoccupations quotidiennes que les électeurs plébiscitent.

Ça veut dire que les élections communales n’ont pas d’influence sur les affaires régionales ou fédérales ?

Pour les élections fédérales, régionales et européennes on votera à la fin du mois de mai 2019. Donc huit mois après les communales (sauf si la majorité de Charles Michel devait tomber avant la fin de la législature, mais pour l’instant nous n’avons pas d’indications qui vont dans ce sens-là).

Les scrutins sont bien séparés, et les partis politiques ne sont pas toujours présents tels quels aux communales. Souvent les candidats préfèrent porter l’appellation  "liste du bourgmestre" ou "intérêts communaux". Pourtant on ne pourra pas s'empêcher, au lendemain des élections communales, de dresser le rapport de force. Les socialistes et les libéraux ont-ils gardé leurs bastions, Ecolo et le PTB ont-ils progressé, comment se comporte le cdH, y-a-t-il des nouveaux venus ? Et surtout quelles alliances les uns et les autres privilégient-ils?

Ces éléments-là seront un indicateur de qui pourrait se produire à l'élection suivante. Plus qu’un galop d’essai, les communales risquent d'être la matrice de la grande élection (parce qu’elle regroupe région et fédéral, elle fait figure de mère des batailles électorales) de 2019. Les états-majors y seront donc particulièrement attentifs. C'est la théorie des dominos : une alliance au niveau local risque de favoriser l'entente au niveau régional et de débouler au final au fédéral.

Cela veut-il dire qu’au soir des communales on saura si la coalition suédoise sera reconduite ?

Nous pourrions en tout cas nous faire une idée assez précise de la faisabilité de cette reconduction. On pourra juger de l’état de forme des partis et de de la qualité de relation entre leurs dirigeants. En extrapolant un peu, calculer quelle coalition risque d’être possible et quelle autre ne l’est plus. C’est vrai pour le fédéral, mais aussi pour les régions. L’enjeu s’y présente très ouvert. MR et cdH peuvent-ils trouver une majorité en Wallonie et à Bruxelles ? Ou est ce qu’on contraire une majorité PS- Ecolo-PTB peut être imaginable ?

Il faut le souligner : c’est une bonne nouvelle pour la clarté du débat politique, la simplification idéologique est en marche. Fini les coalitions alambiquées. Si on additionne le changement d’alliance de Benoit Lutgen et les déclarations des libéraux des derniers jours l'électeur pourrait, pour une fois, peut-être, voter à droite et obtenir une coalition de droite, ou s’il vote à gauche obtenir une coalition de gauche. C’est tellement simple que même un français pourrait finir par s’y retrouver.

J-365: les enjeux des élections communales et provinciales du 14 octobre 2018

Au-delà de ces personnes et de leur localité, c'est la crédibilité du monde politique qui a été significativement affectée par ces affaires, sans que les conséquences de ce mouvement soient tout à fait prévisibles. La question de l'éthique politique va-t-elle prendre une place prépondérante dans la campagne et dans le choix des électeurs ?

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