Bart De Wever met le curseur électoral sur l'intégration

Bart De Wever met le curseur électoral sur l'intégration
Bart De Wever met le curseur électoral sur l'intégration - © Tous droits réservés

 

Une matinée spéciale consacrée au vivre ensemble sur la Première, avec une partie des programmes délocalisée dans un quartier de Bruxelles connu pour accueillir des habitants souvent d’origine ou de culture étrangère. Une invitée qui étudie les questions de diversité dans le monde du travail. C’était la feuille de route prévue initialement pour cette chronique. Comment faire pour que chacun, malgré ses origines, sa culture, sa religion, ses valeurs, puisse donner le meilleur de soi-même et participer à un travail en équipe. Nos différences, il ne faut pas le nier, il y en a, sont-elles un atout ou un handicap ? Si elles sont un handicap comment le surmonter ? Comment faire pour qu’un monsieur qui estime que la place des femmes est au foyer puisse accepter de travailler avec une femme cadre ? Qu’il serre la main à ses collègues femmes au lieu de faire comme si elles n’existaient pas ?  Comment faire pour que dans une entreprise les personnes d’origine marocaine, indienne, roumaine, italienne, ne finissent pas toujours par se retrouver entre elles. J’étais dans ces réflexions quand arrive la dernière interview de Bart de Wever. Un entretien où le patron de la NVA oppose juifs et musulmans. Je me suis alors dit que c’était très bien de parler diversité en entreprise, mais que si le discours politique allait en sens inverse à chaque fois qu’une élection approche, ça ne va pas être facile.

 

Le positionnement de Bart De Wever annonce un virage identitaire

 

En deux interviews, celui au magazine Wilfried la semaine dernière, celui au Journal De Sondag ce dimanche, Bart De Wever laisse entrevoir ce que seront ses thèmes  de campagne. Ce ne sera donc ni le communautaire, ni l’économique, ni même la sécurité, mais bien l’immigration et la citoyenneté.

On a voulu mettre à plat le christianisme, mais l'islam est accepté, j'appelle cela de la soumission " attaque le président de la NVA dans cet entretien avant d’opposer deux groupes qui n’ont pas vraiment besoin de lui pour avoir des relations tendues :

" Les juifs orthodoxes attachent aussi beaucoup d'importance aux signes extérieurs de la foi. Mais ils en acceptent les conséquences. Je n'ai encore jamais vu de juif orthodoxe à un guichet. Ils évitent les conflits. C'est la différence. Les musulmans revendiquent une place dans l'espace public, dans l'enseignement, avec leurs signes de croyance extérieurs. C'est ce qui crée des tensions."

 

En quelques phrases le président de la NVA vient de revendiquer les racines chrétiennes de la vieille Europe, d’agiter le spectre d’une islamisation de la société, de dresser de bons immigrés contre les mauvais. Il y a pourtant dans l’Islam de Belgique des sunnites, des chiites, une culture arabe, une culture turque, des salafistes, des courants rigoristes alors que d’autres sont plus laïcs. Une palette qu’un président de parti ne peut ignorer. À chaque fois qu’on ramène toute une série d’individus à leur supposée religion on ne se donne pas la chance de les comprendre, on les renvoie à leur origine et on ferme le débat. Pourtant le débat sur ce qui est permis ou pas dans notre société est nécessaire.  Mais il ne sert à rien d’édicter les règles du " vivre ensemble " si cela revient à dresser une partie de la population contre une autre. Et vous allez voir que dans quelques jours ou quelques semaines la NVA viendra avec des propositions de loi qui iront dans le même sens. Les thèmes de l’intégration et de la défense d’une identité (Belge ? ou Flamande ? la question ne manque de sel) seront donc un axe de la campagne pour les élections communales. On verra si les partis francophones embrayent ou pas.

Le vivre ensemble se construit plus à l’école que dans les discours politique

 À l’opposé de Bart De Wever on trouve Andria Zafirakou. Au moment où les propos du présent de la NV-A étaient mis sous presse, elle recevait le titre de meilleure enseignante du monde.  Le prix, décerné par une fondation privée, lui a été remis à Dubaï avec quand même un million de dollars à la clef. Andria Zafirakou enseigne dans un quartier de Londres où il y a beaucoup d’immigrés. Elle est récompensée pour avoir transformer les programmes pour qu’ils collent davantage à la réalité des élèves et surtout pour avoir appris 35 langues. 35 langues pour pouvoir dire quelques mots à chacun des élèves de cette école et surtout à leurs parents. Ce matin face à l’altérité nous avons deux attitudes. Celle qui consistes à reconnaître la culture ou la langue de l’autre pour lui tendre la main et l’inclure. Et celle qui consiste à le ranger dans une catégorie en décrétant qu’en plus rien de bon ne sortira de cette catégorie-là. Il y a probablement une des méthodes qui marche mieux que l’autre, je vous laisse deviner laquelle.

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