Astérix raconte plus que la Gaule: l'histoire de l'Union Européenne

Atérix raconte plus que la Gaule : l'histoire de l'Union Européenne
Atérix raconte plus que la Gaule : l'histoire de l'Union Européenne - © Tous droits réservés

Les 37èmes aventures d’Astérix et Obélix débarquent dans les librairies ce jeudi matin. Le succès sera très probablement au rendez-vous. Et pas seulement en France qu’Astérix le Gaulois est entré non pas dans la culture française mais dans la culture européenne.

Ce matin nous sommes en 50 avant Jésus Christ, toute la Gaule est occupée par les Romains. Toute ? Non, un village peuplé d’irréductible Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Vous avez reconnu la célèbre page d’introduction de tous les albums d’Astérix. L’étendard romain avec l’aigle et la mention SPQR bien planté dans le sol gaulois. SPQR cela voulait dire " Senatus Populusque Romanus " , le sénat et le peuple romain. Facétieux, Uderzo et Gosciny ont proposé une autre traduction, Sono Pazzi Questi Romani : ils sont fous ces Romains. Mine de rien en moins d’une page, avec le sourire, vous avez eu droit à un petit cours d’histoire de l’antiquité, et à quelques mots de latin. Cela n’a pas la rigueur d’un cours d’histoire à la Sorbonne, mais cela a façonné notre imaginaire collectif.

Une bande dessinée européenne

D’abord parce que les auteurs sont européens. René Goscinny, famille juive, papa polonais, maman ukrainienne. Uderzo le dessinateur, italien (son pseudo est une référence à Oderzo, un village proche de Venise). Tout au long des aventures d’Astérix nous avons visité les Grands-Bretons, les Espagnols, les Vikings, sans oublier les Belges, les plus braves de tous. Dans Astérix et la transitalique on évoque une course de char à travers l’Italie. Le départ à Modicia, c’est Monza, clin d’œil à Ferrari. Et surtout la course va permettre à des équipages de tout l’empire de se mesurer. Il y a des Bretons, des Goths, des Grecs, des Perses. Nous pouvons tracer le parallèle avec la construction européenne. Comment faire cohabiter des peuples aussi différents dans un espace politique commun ? Et la réponse d’Astérix parle à tout le monde : en se jouant des stéréotypes. On caricature les prétendues spécificités nationales pour mieux les tourner en dérision. Et tous les peuples se reconnaitront dans une forme de résistance au pouvoir central.

Astérix et les autres habitants du village, des personnages typiquement français

On peut même dire franchouillards, mais dans le registre antihéros. C’est Obélix qui détient les superpouvoirs, d’ailleurs, et c’est Obélix qui conduit le char dans le nouvel album. Nous ne sommes pas dans une bande dessinée nationaliste où l’on glorifie le muscle et la puissance. Cela parle de la France et des Français, mais cela ne les magnifie pas. C’est un regard posé avec tendresse. Et nous qui, en Belgique, avons un rapport d’amour/ haine avec nos voisins, qui détestons l’arrogance dont ils sont parfois capables, nous pouvons savourer Asterix tranquille. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls. Ce 37ème album est tiré à 5 millions d’exemplaires, ce qui est énorme dans le monde de l’édition en 2017. Il n’y a que 2 millions d’albums destinés au marché français. Le reste par à l’exportation avec 1 700 000 albums en langue allemande. Le couple franco-allemand aime Astérix. Que cet album sorte le jour d’un sommet européen est un savoureux clin d’œil involontaire.

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