Alcoolémie : le bon exemple vient de la Russie

C’est aujourd’hui que débute la tournée minérale 2018. Le défi est de passer un mois sans boire d’alcool. 89 000 belges se sont engagés à y participer. En matière d’alcoolémie, l’exemple pourrait venir des russes.

A bas les clichés.  La vodka ce n’est plus ça. Les Russes consomment aujourd’hui moins d’alcool que les belges. C’est ce qui ressort des statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé. 12,2 litres par an en moyenne pour un citoyen russe, alors que nous tournons aux  alentours des 13 litres pour les belges, les allemands  ou les français (les lituaniens sont hors concours avec  18 litres par an).  La consommation d’alcool en Russie a baissé de 30% en 10 ans, et même de 20% sur les seules 5 dernières années. Ce ne sont que de statistiques officielles, elles ne tiennent pas compte du marché noir, mais il y a une véritable prise de conscience en Russie. 4 russes sur 10 affirment aujourd’hui qu’ils ne boivent plus aucune goutte d’alcool. Pour eux c’est " Tournée Minérale " toute l’année. C’est surtout la preuve qu’une action forte des pouvoirs publics peut porter ses fruits.

Ces résultats sont à mettre à l’actif de Vladimir Poutine.

Indéniablement l’exemple vient d’en haut. Il faut se rappeler que dans les années 90 un russe sur 5 mourrait des conséquences de l’alcool. 500 000 décès par an c’est énorme. Vladimir Poutine en a fait une cause nationale et en a profité pour se forger une image d’anti-Boris Eltsine. On ne le verra pas, comme son prédécesseur, titubant et hilare dans une conférence de presse. Poutine c’est plutôt musculation, activité sportive et culte de la vie saine. Les images de propagande sont fortes, et ça porte ses fruits. Evidement la communication présidentielle ne suffit pas.  Depuis 2006 les russes se sont dotés d’une véritable législation anti-alcool. La publicité pour l’alcool est désormais interdite, les commerçants  ne peuvent plus vendre d’alcool après 23 heures, et un tarif minimum a été instauré. Conséquence :  le prix de l’alcool a flambé. Si on compare avec le niveau de vie adapté, la bouteille de vodka paraitra 10 fois plus chère à un consommateur russe qu’à un consommateur belge.  Quand on frappe au portefeuille,  la gorgée de vodka irrité le gosier.

La méthode forte pourrait-elle marcher en Belgique ?

Sans doute pas de la même manière, nous n’avons pas le même rapport à l’autorité. Et l’honnêteté ou la prudence recommandent de  relativiser les bons chiffres de la Russie. On estime que 45% de l’alcool désormais consommé en Russie provient du marché noir. Dans le meilleur des cas des distilleries clandestines installées loin dans la forêt, dans le pire des cas de l’alcool fabriqué à partir de dissolvants ou de liquide de freins, ce qui est tout aussi dramatique en termes de santé publique. Il n’empêche. Même relativisé, l’exemple russe montre qu’on peut faire reculer la consommation d’alcool. Cela passe par une volonté législative. Et par une capacité à se mettre à dos les producteurs de vodkas…  ou les brasseurs de bière.

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