Paul Magnette: "Il faut parfois désobéir à l'Europe dans l'intérêt de l'Europe"

Il est au cœur de l'actualité belge mais aussi européenne. La presse française l'a surnommé Wallonix ou encore Magnetix, Paul Magnette, le ministre président wallon était l'invité de Jeudi en prime. Le ministre-président de Wallonie reconnaît que le traité n'a pas été modifié comme le dit le Premier ministre Charles. En revanche, il estime que la Wallonie a obtenu de véritables amendements sur des dizaines de pages qui sont annexées au traité. Et que ces amendements ont une véritable portée contraignante sur le traité.

Quelles avancées sur le CETA?

A en croire Paul Magnette, le fait que des conflits entre Etats et multinationales ne seront pas, à l'avenir, traité par des arbitrages privés, est un acquis majeur . "On a obtenu un verrou très fort, il n'y aura jamais d'arbitrage privé. Cela se fera avec des juridictions publiques. On a tellement vu par le passé, des traités vite faits avec la complicité de multinationales. Et ensuite, ces mêmes multinationales attaquer les états et obtenir des indemnités énormes. Et bien cela, ça n'arrivera pas".

Concernant les normes, le premier wallon estime que, dans le traité, beaucoup de normes étaient ambiguës. Il fallait donc plus que des clarification, compléter parfois les phrases pour permettre de réellement protéger la santé, l'environnement...

Contrôle démocratique

"Quand on fait de la politique il faut oser dire non".  Paul Magnette ajoute que ce combat a été possible grâce au soutien de la société civile, grâce au soutien du parlement wallon et de son partenaire CDH.

Il se dit a présent satisfait d'autant que la Wallonie garde selon lui un vrai contrôle démocratique. "On a mis deux verrous dans le nouveau CETA. Un premier verrou qui dit que l'on ne ratifiera jamais l'accord si les conditions ne sont pas remplies et le deuxième verrou permet au Parlement wallon d'évaluer tous les ans le CETA en termes socio économique et environnemental. Si l'évaluation est négative, on pourra demander la suspension du traité comme c'est permis"

La Wallonie rentre dans le rang?

Fallait-il sortir l'agriculture de ce traité? Non, rétorque le ministre-président wallon. "Il était surtout très important pour nous, pour préserver notre agriculture, qu'il y ait des clauses de sauvegarde pour éviter des concurrences déloyales. "

Paul Magnette admet malgré tout que la Wallonie n'a pas obtenu tout ce qu'elle souhaitait,  mais tout ce qui était essentiel. Les PME par exemple seront aidées financièrement quand elles seront devant la Cour d'arbitrage "parce que cette procédure en justice coûte très cher."

Je voulais qu'il y ait un bon accord. Et ce que nous avons obtenu aujourd'hui sera important pour demain, explique le premier wallon. "Les standards que nous avons dans le CETA seront les normes de tous futurs traités internationaux à l'avenir et fort de ce texte, il est clair que le TTIP est mort."

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