Louis Michel sur le CETA: "L'histoire montrera que nous avions raison"

Louis Michel, député européen MR, est revenu sur le dossier CETA dans Matin Première ce vendredi matin.

La Belgique va signer un nouveau CETA, sous réserve du vote des parlements des entités fédérées ce vendredi. C’est donc un Louis Michel soulagé que recevait Bertrand Henne ce vendredi matin : "Je pense que le PS et le cdH ont atterri enfin et sont sortis de cette stratégie de la diabolisation, de l’utilisation un peu sordide de la peur". Beaucoup de bruit pour grand-chose, c’est un peu le sentiment de Louis Michel face à l’attitude du PS et du cdH dans le dossier CETA.

Désinformation

Le député européen dénonce une campagne de désinformation au sujet du CETA: "Quand on dit qu’on va être inondés de poulets chlorés, qu’on va avoir du bœuf aux hormones, qu’on va détricoter nos services publics, ou qu’on va attaquer nos politiques culturelles, tout cela est radicalement faux puisque ces secteurs-là ne sont pas dans le CETA, affirme Louis Michel. Quand on dit que les multinationales vont pouvoir changer nos lois, ce n’est pas vrai. Les différents pouvoirs et institutions démocratiques des États européens vont pouvoir continuer à légiférer comme ils l’entendent". Il est pourtant bien prévu dans le CETA que les grandes sociétés internationales puissent trainer un État face à une cour d’arbitrage si elles jugent qu’une nouvelle loi est contraire à leur développement. Louis Michel tient à nuancer : "Il faut faire la différence entre l’institution d’arbitrage qui est nécessairement composée d’avocats privés et l’ICS qui prévoit une cour publique. Il s’agit là d’une avancée extraordinaire car elle tend vers la mise en place d’une instance mondiale qui permettrait de définir une jurisprudence qui sera appliquée partout. Quand on aura des accords avec la Chine, par exemple, elle devra accepter ce type de justice. Mais dire que l’ICS est un mécanisme privé et que les négociations des Wallons ont permis d’aller vers une cour vraiment publique, c’est absolument faux". Mais alors qui dit vrai dans ce dossier ? Louis Michel a sa réponse : "Les libéraux ont une lecture honnête et sincère de ce qu’il y a dans le CETA. Quand on fait une telle désinformation, l’histoire montrera que nous avions raison et que ce traité sera un modèle du genre pour les futurs traités".

Commissaires délinquants ? "Des propos inquiétants"

A présent, l’important pour Louis Michel est d’effacer le "préjudice d’image que cela a apporté à l’économie wallonne et belge". Le député européen en profite pour répondre au président du cdH, Benoît Lutgen, qui a dénoncé des comportements de délinquants de la part de commissaires européens au sujet de menaces de rétorsion sur certaines aides européennes : "Traiter les commissaires européens de délinquants, je pense que ce sont des propos inquiétants. Je connais Jean-Claude Juncker, je ne crois pas que ce soit quelqu’un qui pratique ce genre de comportement".

Un grand parti centriste en Wallonie ?

Interrogé à ce sujet, Louis Michel en a profité pour lancer une petite pique au cdH en considérant qu’il existe "un écart assez important entre les électeurs de ce parti et ce que leurs représentants expriment comme positionnement". Selon Louis Michel, on a besoin, en Wallonie et à Bruxelles, d’une force centriste qui soit capable d’être une alternative au PS. "Quand on est sans arrêt au pouvoir, on a du mal à se remettre en question. Et on est acculé à des attitudes qui peuvent parfois friser le simplisme, comme on l’a vu avec le CETA".

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