Jean-Claude Juncker s'adresse au cdH: "Jamais nous n'avons menacé la Wallonie"

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

"Jamais nous n'avons menacé la Wallonie, et je le dis à l'adresse du cdH", a lancé dimanche le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la fin de la conférence de presse sur la signature de l'accord entre l'Union européenne et le Canada.

"J'ai quelques mots à dire à l'adresse de la Wallonie", a-t-il commencé. "Je suis reconnaissant au ministre-président wallon Paul Magnette d'avoir dit devant les députés qu'il était reconnaissant du rôle de la Commission dans les négociations".

Jean-Claude Juncker a rappelé que la Commission n'avait jamais mis d'ultimatums pour terminer les négociations entre la Wallonie d'une part et l'UE et le Canada d'autre part et a souligné avoir toujours dit qu'il était prêt à accorder le temps nécessaire pour arriver à un accord. "Par ailleurs, jamais nous n'avons menacé la Wallonie, et je le dis à l'adresse du cdH et de son président", a-t-il tonné, conseillant également à la Belgique de réfléchir à son modèle interne pour la signature de traités internationaux.

Le cdH appartient à la même famille politique que Jean-Claude Juncker, le Parti populaire européen (PPE).

Trudeau "tout à fait content"

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est dit dimanche "tout à fait content" que l'accord commercial entre l'UE et le Canada (CETA) ait suscité de vifs débats en Wallonie, au point de retarder de trois jours sa signature officielle, car c'est le propre de la démocratie d'être confronté à des défis, a-t-il commenté après la cérémonie de signature.

Justin Trudeau était interrogé sur l'attitude de la Wallonie, qui a refusé avec les autres entités francophones de Belgique, de déléguer son pouvoir de signature au gouvernement fédéral tant que ses objections et préoccupations à propos du CETA n'étaient pas rencontrées. "Je suis en faveur de la démocratie et les défis que nous avons, en tant que chefs d'Etat ou de gouvernement, c'est de mettre de l'avant les meilleures propositions pour aider nos citoyens et bâtir un monde meilleur, c'est notre responsabilité", a-t-il commenté.

"Ce qui fait partie intégrante de ces défis, c'est d'avoir des voix en opposition qui nous demandent à tout moment de justifier que la décision qu'on est en train de prendre, c'est la bonne. C'est essentiel, dans une démocratie, d'avoir une multiplicité de voix qui vont partager leurs préoccupations", a-t-il déclaré. Le report de trois jours du sommet n'est qu'une péripétie sans conséquences, a assuré le Premier ministre canadien. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK