Charles Michel confirme que la Belgique ne signera pas le CETA

Un comité de concertation, qui réunit les représentants des exécutifs fédéral, régionaux et communautaires, s'est tenu ce lundi à 13h pour déterminer la réponse de la Belgique à l'ultimatum européen dans le dossier du CETA. L'UE avait donné jusqu'à lundi soir à la Belgique pour faire connaître sa position.

Peu avant 14h, la décision est tombée : le comité confirme que la Belgique ne signera pas le traité commercial entre l'Union européenne et le Canada dans son état actuel. La Belgique n'est "pas en état de signer le CETA", a déclaré Charles Michel lors d'un point presse en début d'après-midi. Une décision signifiée officiellement par téléphone à Donald Tusk, le président du Conseil européen, aux alentours de 14h30.

Nous avons été confrontés à une chaise vide dimanche et au silence des représentants wallons ce matin.

Selon le Premier ministre, "le gouvernement fédéral, le gouvernement germanophone et le gouvernement flamand ont accepté de donner le mandat pour signer le traité. A l'inverse, le gouvernement wallon, le gouvernement bruxellois, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la CoCof ont répondu négativement et n'ont pas donné le mandat pour signer le CETA".

"La réponse du gouvernement wallon ne nous a pas étonnés vu la politique de la chaise vide hier", a ajouté le Premier ministre. Charles Michel précise : "Nous avons été confrontés à une chaise vide dimanche et au silence des représentants wallons ce matin."

Après une matinée de bureaux politiques

Plus tôt dans la journée, les élus socialistes réunis en bureau politique à Bruxelles s'étaient à nouveau prononcés pour un "non" catégorique au CETA. Selon Elio Di Rupo, président du PS, il faudra encore "des semaines" pour négocier.

Le cdH a pris la même décision. "Le traité ne peut être approuvé tant que nous n’aurons pas obtenu toutes les avancées nécessaires pour ratifier un accord sur des bases juridiques contraignantes qui protègent les citoyens", explique le parti dans un communiqué.

La menace et la montre, ça ne peut pas remplacer des convictions

"Nous voulons de la transparence, a justifié André Antoine (cdH), le président du Parlement de Wallonie, au micro de la RTBF. Nous voulons ramener du droit et de la démocratie sur ces grands traités qui concernent le quotidien de nos concitoyens." Selon lui, l'ultimatum fixé par l'UE n'est "pas sérieux". "Je comprends qu'il y ait une tentative de la dernière chance. Mais la menace et la montre ça ne peut pas remplacer des convictions", a-t-il conclu.

Un échec serait "une catastrophe" pour Geert Bourgeois

Côté flamand, il y a ceux qui soutiennent la position wallonne et ceux qui aimeraient que le traité soit signé dans les temps. "On a les textes depuis avril 2014, sous le gouvernement de M. Di Rupo. On connait les textes depuis ce moment-là et les textes ont encore été améliorés donc j'espère bien qu'on peut réussir maintenant", a déclaré à la RTBF Geert Bourgeois (N-VA), le ministre-président flamand.

Selon lui, un échec des négociations serait "une catastrophe. Une catastrophe pour la Flandre, pour la Wallonie, pour la Belgique, pour l'Europe, pour la Canada, pour tout le monde".

"L'exportation flamande est plus grande, mais l'intérêt est de la même nature pour la Wallonie que pour la Flandre. Même s'ils n'ont que 10% des relations avec le Canada, ils peuvent s'améliorer. Avec GSK par exemple, la plus grande entreprise pharmaceutique", estime encore Geert Bourgeois.

Plusieurs pierres d'achoppement

Le président du Conseil européen Donald Tusk a confirmé dimanche, lors d'un entretien avec le Premier ministre Charles Michel, la signification à la Belgique d'un ultimatum ce lundi soir en vue du Sommet européen avec le Canada jeudi, jour prévu pour la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), a indiqué un porte-parole du Premier ministre.

Plusieurs aspects du traité posent encore problème à la Wallonie : le mode de règlement des litiges dont la résolution ne sera confiée à une cour multilatérale que dans un second temps, l'absence de clauses de sauvegarde réciproques en matière agricole ou les appellations d'origine qui permettraient à des entreprises américaines de se faufiler dans le dispositif de libre-échange.

Retrouvez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir