CETA: les Wallons se sont-ils démenés pour rien?

L'Europe et le Canada ont signé, il y a tout juste un mois, un accord d'échange économique. Et déjà la polémique s'installe.
L'Europe et le Canada ont signé, il y a tout juste un mois, un accord d'échange économique. Et déjà la polémique s'installe. - © Tous droits réservés

Il y a tout juste un mois, l'Europe et le Canada signaient un accord d'échange économique. C'est le fameux CETA. Mais avant de le ratifier officiellement, les Wallons ont obtenu, au cours d'âpres négociations, que la Cour de Justice européenne soit consultée. Elle doit se positionner sur la légalité de la Cour d'arbitrage en cas de conflit entre un Etat et une multinationale.
Mais voilà, la Cour n'a toujours pas été saisie. Interpellé par le PS à la Chambre, Charles Michel dit qu'il attend d'abord un avis sur un autre traité. Insensé à en croire le député socialiste Stéphane Crusnière.

"Le Premier ministre a confirmé qu'il a demandé à ses services d'avancer sur cette saisine de la Cour européenne de Justice avec un petit bémol toutefois: il jugerait à tout moment de l'opportunité de saisir la Cour européenne. Et là, nous ne sommes évidemment pas du tout d'accord puisque ce dossier a été clairement tranché lors des négociations. On ne doit plus statuer sur l'opportunité. La demande est très claire. Il faut que le fédéral demande l'avis de la Cour européenne de Justice."

Le risque est que les Wallons perdent toutes les avancées qu'ils avaient pu obtenir

Pour Benoît Hellings, député Ecolo, cette condition avancée par le Premier ministre pourrait faire perdre tout le bénéficie acquis par les Wallons. "C'était une avancée obtenue par la Wallonie, une des rares avancées obtenues par la Wallonie. Aujourd'hui, on doit bien constater que, soit les Wallons ont laisser filer une clause, soit on leur a imposé une clause. Mais quoi qu'il en soit, le risque est que les Wallons perdent toutes les avancées qu'ils avaient pu obtenir."

Selon André Antoine, le président du Parlement wallon, le fédéral manque tout simplement de loyauté. "J'ai le sentiment que le Premier ministre essaie de jouer la montre... S'il est possible qu'il se soit trompé sur cette clause, il ne peut en tout cas pas tromper la Wallonie."

En déplacement aux Pays-Bas, le ministre des Affaires étrangères temporise : "Les travaux préparatoires à cette saisine de la Cour européenne de justice démarrent".

Paul Magnette se veut également rassurant. A croire que les appels des députés PS à la Chambre n'ont pas lieu d'être. 

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