CETA: les entrepreneurs wallons estiment qu'il y a de gros avantages

Pour les entreprises wallonnes dont le chiffre d’affaire est majoritairement réalisé grâce aux exportations, le CETA, le traité de libre-échange avec le Canada, est à priori un avantage non négligeable.

À la conquête du Canada ET des USA

Chez "Skylane Optics", on fabrique des produits de haute technologie, liés aux télécoms. L'entreprise située à Fraire dans la province de Namur, vend en Europe, mais aussi au Brésil, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. "Aujourd’hui, le Canada fait énormément d’investissements sur les télécoms. Ils sont en train d’investir entre dix et vingt milliards de dollars par an dans ce secteur. C’est vraiment un marché d’entrée parce que dès qu’on sera au Canada, on pourra rentrer sur le marché américain", explique Philippe Bolle, directeur de l'entreprise. Avec le CETA, les pays européens, pourraient en effet bénéficier de l’accord commercial négocié par le Canada avec son voisin du sud, et donc s’étendre plus facilement aux Etats-Unis.

À Bois-de-Villers, toujours en province de Namur, la société "Stûv" qui produit des poêles à bois, à pellet et au gaz a déjà passé le cap. Implantée au Canada depuis quelques années, la PME reconnait les difficultés actuelles de travailler sur ce marché. " C’est un travail d’adaptation, une approche long terme mais c’est un marché très important. On pourrait potentiellement développer là-bas une activité équivalente voire supérieure à celle que nous avons ici " estime Gerard Pitance, l'administrateur délégué de "Stûv"

Le rêve canadien déjà possible, mais compliqué

Aujourd’hui, si l’Europe peut importer des produits aux Canada sans le CETA, les démarches sont assez pesantes. Il y a beaucoup de lourdeurs administratives qui compliquent le travail aux petites et aux moyennes entreprises. " J’ai une équipe de 45 à 50 personnes et pour moi, il est très difficile de consacrer dix personnes uniquement pour remplir des dossiers administratifs pour importer au Canada " souligne Philippe Bolle de Skylane Optics. Pour lui c’est clair, le CETA est indispensable s'il veut faire évoluer son entreprise.

"Il faut être prudent"

"Stûv" voit le traité comme une plus-value mais s’en méfie. " Je pense qu’il faut être prudent car il y a des grands groupes internationaux qui faussent parfois les règles ou imposent des réglementations qui servent leurs intérêts. Je trouve très louable et très courageux que nos parlementaires veillent au grain " précise Gérard Pitance.

Alors, quel avenir commercial attend ces entreprises ? La réponse est, pour l’instant, encore bien floue…

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