CETA: le Parlement européen ratifie le traité de libre-échange

Des manifestants anti-CETA devant le parlement européen
2 images
Des manifestants anti-CETA devant le parlement européen - © PATRICK HERTZOG - AFP

Le Parlement européen a approuvé ce mercredi à Strasbourg le CETA, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. 

Sur les 695 votants, près de 408 se sont montrés en faveur du "oui", tandis que 204 parlementaires se sont opposés au CETA, et que 33 ne se sont pas prononcés. 

Tandis que des manifestants exprimaient leur mécontentement à l'extérieur du bâtiment, une majorité de chrétiens-démocrates, de conservateurs, de libéraux et une partie des sociaux-démocrates approuvaient le traité que l'UE et le Canada ont négocié pendant six ans. Dès avril, la plupart des tarifs douaniers entre l'Europe et le Canada disparaîtront et les entreprises européennes auront accès au marché des services et aux marchés publics au Canada, et vice-versa.

Ses partisans soulignent que le CETA est un bon accord avec un partenaire qui partage nos valeurs. Le texte contient selon eux suffisamment de garanties pour le droit à réguler et les normes européennes en matière de santé, d'environnement et de droits sociaux. Le CETA envoie aussi un signal important maintenant que le président américain Donald Trump veut imprimer un cours plus protectionniste à l'économie.

Opposition et méfiance

Marie Arena (PS) maintient quant à elle que le CETA est taillé sur mesure pour les multinationales et les gros investisseurs. "Au lieu de courir comme une poule sans tête face au protectionnisme de Trump, l'Europe doit se positionner comme une Europe de valeurs sociales qui propose des échanges basés sur les besoins et le respect des citoyens, des emplois décents et le bien-être de la population", affirme-t-elle. La résistance affichée par la Wallonie jusqu'à la signature du texte fin octobre ne rend pas le résultat plus satisfaisant.

Plusieurs eurodéputés francophones belges ont voté contre le texte: Philippe Lamberts (Ecolo), Claude Rolin (cdH) et les trois socialistes, Marc Tarabella et Hugues Bayet. 

Magnette met en garde

Paul Magnette s'est rapidement fendu d'un tweet dans lequel il met en garde. 

La Belgique doit ainsi demander à la Cour de Justice de l'UE si le nouveau système de règlement des litiges entre investisseurs et Etats est compatible avec le droit européen. Cet Investment Court System très controversé n'entrera pas encore en vigueur. Les parlements nationaux et régionaux doivent avant cela ratifier le traité, ce qui pourra encore prendre des années.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, s'adressera au Parlement européen jeudi midi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK