Thierry Hansen (Caterpillar): "Nous n'avons reçu aucun subside depuis 2002"

La Commission de l'Économie et celle des Affaires sociales se sont réunies ce mercredi à la Chambre. Au menu des discussions : l'annonce de la fermeture du site de Caterpillar à Gosselies début septembre

Thierry Hansen (administrateur délégué de Caterpillar Belgium), Mark Thompson (directeur financier du groupe), Jérôme Bandry (en charge des relations gouvernementales pour l'Europe) et Erik de Leye (responsable des relations publiques pour l'Europe) ont accepté l'invitation des députés.

"Choc" et "émotion"

Thierry Hansen a commencé par lire un texte faisant le point sur les événements depuis le 2 septembre dernier. "Nous comprenons et partageons l'émotion suscitée par cette annonce dramatique qui nous touche tous, l'ensemble du personnel, nos familles, nos fournisseurs, l'ensemble de la région et le pays", a-t-il assuré. 

Selon l'administrateur délégué, "l'annonce du 2 septembre a été un choc pour nous tous. Y compris la direction locale. Il m'a fallu un peu de temps pour mieux comprendre cette situation et mieux gérer les émotions qu'elle a suscitées".

Thierry Hansen a ajouté que la fermeture de Gosselies permettra au groupe américain de réaliser 7% de ses objectifs en matière de réduction de coût au niveau mondial, soit 100 millions de dollars par an. Il a rappelé au passage que des investissements pour plus de 150 millions d'euros avaient permis de moderniser le site en 2013. "Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour positionner le site favorablement pour le futur."

Les objectifs qui avaient été assignés au site ont été atteints

Dans leurs questions, les députés s'interrogent sur les raisons de la fermeture. Plusieurs d'entre eux s'inquiètent pour l'avenir du site et la reconversion des travailleurs. 

Stefaan Vercamer (CD&V) s'est notamment demandé si les 18 grèves de ces dernières années avaient encouragé la direction à fermer le site. "Les objectifs qui avaient été assignés au site ont été atteints. Les Etats-Unis décident de sanctionner un site qui atteint les objectifs", a embrayé Jean-Marc Nollet (Ecolo).

Catherine Fonck (cdH) a dénoncé "la brutalité et la violence de l'annonce". Elle a mis en doute les affirmations de la direction, qui jure qu'elle a appris la fermeture au dernier moment

Soumis à un feu nourri de questions, Thierry Hansen a promis des réponses "honnêtes" et "transparentes". Tout en se retranchant derrière la loi Renault et la concertation sociale pour ne pas dévoiler toute la stratégie de l'entreprise.

500 millions d'euros d'impôts depuis 2008

Concernant la fiscalité de l'entreprise, l'administrateur délégué a détaillé : "Sur le site de Gosselies, nous avons trois entités légales de Caterpillar. Si l'on prend l'ensemble de ces sociétés de Caterpillar, nous n'avons reçu aucun subside depuis 2002. En 2002 nous avions reçu 3 millions d'euros de subsides pour des équipements informatiques. Nous n'avons pas d'aide spécifique et n'avons demandé aucun ruling financier particulier auprès des autorités fiscales".

Il a malgré tout précisé que Caterpillar avait reçu environ 70 000 euros par an d'aide aux formations. "Nous recevons aussi dans le cadre des congés d'éducation payés des montants de l'ordre de 700 000 euros par an."

Thierry Hansen a aussi rappelé que l'entreprise avait bénéficié des intérêts notionnels. S'il n'a pas donné de chiffres sur ce point, le PTB estimait début septembre que Caterpillar Belgique avait profité des intérêts notionnels pour un montant cumulé de 61 millions d'euros. "Depuis 2008, nous avons contribué à hauteur de 500 millions d'euros en taxes et charges sociales en faveur des autorités publiques. En 2015, il s'agit de 41,8 millions d'euros." Cette année-là, Caterpillar a réalisé un bénéfice de 23 millions d'euros sur le site de Gosselies.

Ça fait des années que nous nous battons pour la survie de l'usine de Gosselies

Le patron belge l'assure : "Ça fait des années que nous nous battons pour la survie de l'usine de Gosselies. 'Nous', c'est la direction locale et tout le personnel."

"On a atteint les objectifs de productivité", a reconnu Thierry Hansen. Mais par la suite les chiffres ont été moins bons qu'espérés, ce qui a entraîné "une capacité excédentaire importante".

D'autant que le site de Gosselies, qui s'étend sur 100 hectares, serait trop grand. Dans ce contexte, "malgré les efforts faits pour réduire les coûts fixes, les coûts restent élevés".

"Je pense n'avoir jamais refusé un contact depuis le 2 septembre", a encore déclaré Thierry Hansen. Et ce même si la direction de Caterpillar a refusé à plusieurs reprises de se rendre à la Chambre.

"Il n'y a pas d'intention de Caterpillar de quitter la Belgique", a confirmé Mark Thompson, le directeur financier du groupe. Le centre de Caterpillar à Grimbergen, consacré à la distribution de pièces, n'est donc pas menacé de fermeture.

A Gosselies, les premiers licenciements devraient avoir lieu en avril 2017. Le début du transfert de la production est prévu pour le second semestre de l'année prochaine.

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