L'absence des patrons de Caterpillar à la Chambre indigne les parlementaires

Plusieurs députés ont regretté l'absence de la direction de Caterpillar lors de la réunion commune des commissions Économie et Affaires sociales qui se tient à la Chambre ce mardi.

Les patrons de l'entreprise ont décliné l'invitation, officiellement par respect de la procédure Renault. Pour Ecolo, Jean-Marc Nollet demande au président de la commission de réitérer l'invitation pour ce jeudi, jour du débat public en présence du Premier ministre Charles Michel (MR) et du ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V).

Jean-Marc Nollet a par ailleurs publié sur Twitter une copie du mail envoyé par Jerome Bandry, "EU Government Affairs Director" chez Caterpillar. "Aucun article de loi n'est cité", déplore l'élu Ecolo.

Pour Zuhal Demir (N-VA), l'absence de la direction, "c'est du mépris, un manque de respect". Sur le fond, elle dit ne pas comprendre la décision de Caterpillar. Pour elle ni les travailleurs, ni les syndicats n'ont quoi que ce soit à se reprocher.

Au nom du groupe MR, Denis Ducarme exige que l'on insiste fortement sur une audition des représentants des Caterpillar et dénonce un dédain du Parlement. Même son de cloche au PS, au cdH et au PTB.

Conséquence : Vincent Van Quickenborne (Open VLD) et Jean-Marc Delizée (PS), qui coprésident la commission, vont demander une analyse juridique avant jeudi pour examiner les motifs du refus de la direction du groupe américain. Il lanceront ensuite une nouvelle invitation.

Nous savons ce qu'ils sont capables de faire

Du côté des syndicats, on s'indigne aussi. "Depuis 24 heures on cherche un interlocuteur pour pouvoir commencer les négociations [...] Le travail de protection de l'outil, le travail de sécurisation... aujourd'hui ce sont les travailleurs de l'entreprise qui sont en train de l'effectuer alors que c'est la responsabilité de l'employeur, c'est scandaleux !", déclare Antonio Cocciolo de la FGTB.

Le syndicaliste ajoute : "Vous êtes peut-être surpris mais nous, nous les connaissons depuis 35 ans et nous savons ce qu'ils sont capables de faire quand ils sont en panique."

Peu de candidats à la prépension

Si la priorité des syndicats demeure le sauvetage de l'usine ou la reconversion du site, ils n'en sont pas moins conscients qu'un plan social de grande ampleur devra être appliqué. Or, en 2013, Caterpillar Gosselies a déjà été saigné par une vaste restructuration. Des prépensions à partir de 52,5 ans ont été accordées. Celles-ci étant obligatoires, il reste donc peu de travailleurs qui entreraient en ligne de compte pour une prépension, et ce d'autant plus que le régime a été durci et porté à 55 ans en cas de licenciement collectif.

"Ceux qui ne sont pas partis dans le premier volet et qui ont tout juste 55 ans ne sont pas nombreux", a expliqué le secrétaire régional adjoint de la CGSLB, Christian Bougard, devant la Chambre. Le syndicaliste a donc demandé aux responsables politiques d'envisager des "mesures exceptionnelles" pour diminuer l'âge de la prépension.

"Faisons un filet social pour les travailleurs qui, aujourd'hui, ne pourront pas bénéficier d'une prépension" a souligné pour sa part le secrétaire de la CSC-Metea Hainaut, Jean-Marie Hoslet. Les syndicats ont également demandé que la même attention soit portée aux co-traitants et sous-traitants de Caterpillar qu'aux 2200 travailleurs employés par l'entreprise.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK