Fermeture de Caterpillar: près de 2000 emplois indirects menacés

Fermeture de Caterpillar: près de 2000 emplois directs menacés
Fermeture de Caterpillar: près de 2000 emplois directs menacés - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

La fermeture annoncée de Caterpillar pourrait laisser sur le carreau plus de 4000 emplois au total. Outre la masse des travailleurs de l'usine, il y a aussi celle des sous-traitants qui travaillent pour Caterpillar. Ces travailleurs qui occupent des postes dans une quarantaine de sociétés qui gravitent autour du site carolo et qui sont aussi directement menacées par la cessation d'activité.

S’ils sont près de 2200 à perdre leur emploi dans l’usine Caterpillar de Gosselies, les sous-traitants sont aussi directement impactés et le chiffre des pertes d'emplois pourrait avoisiner les 2000 unités dans ces PME.

Parmi ces sous-traitants, on peut distinguer deux catégories :

  1. Les sous-traitants de "premier rang" comme Yusen Logistics ou Eutraco qui sont spécialisés dans les activités de logistique. Sur le site de Gosselies, ce sont ces deux entreprises qui alimentent notamment les lignes de production en pièces.  
  2. Mais il y a aussi toutes ces PME de "second rang", celles spécialisées dans le nettoyage, l’entretien des véhicules, l’HORECA sur et autour du site, etc.

Des petites et moyennes entreprises, de premier ou de deuxième rang, dont les travailleurs se retrouvent parfois dans des conditions encore plus précaires que celle des travailleurs de Caterpillar, qui eux bénéficieront de conditions de sortie. La suite risque également d'être plus compliquées car ce sont de plus petites structures qui ont moins de moyens pour assurer les salaires des employés.

Nous avons appris notre licenciement juste avant les fêtes

Il y a quelques jours, Matteo Francisco, un père de famille de 4 enfants qui travaille depuis 14 ans pour Yusen Logistics (le sous-traitant qui livre les pièces dans l'usine de Gosselies), apprend qu'il va perdre son emploi : "L’annonce a été faite par Caterpillar le 2 septembre, et nous nous avons appris notre licenciement juste avant les fêtes, ça a été comme un coup de massue. Sans information de Caterpillar vis-à-vis de notre employeur et ça nous fait mal".

Annonce tardive

Le père de famille ne comprend pas le délai entre l’annonce de la fermeture de Caterpillar et l’annonce faite il y a quelques jours par Yusen Logistics : "Pourquoi avoir perdu autant de temps ? Pourquoi avoir été mis à l’écart ? ça fait trois mois qu'on est stressés, on a une boule au ventre. On ne sait pas ce qu’on va devenir, pris entre incertitude totale et angoisse". Un travailleur qui admet être dans une phase de "deuil" de son travail actuel mais qui veut "rebondir et ne pas se laisser aller".

Pour Michel Gretzer de la CSC Transcom, cette situation soulève de graves interrogations : "Comment fait un travailleur qui est dans l’incertitude et que doit aller s’expliquer auprès de sa famille, rentrer chez lui et faire semblant que tout va bien ? Il y aura un arrêt de travail, il n’y en aura pas ? Que se passera-t-il après Caterpillar ? Toutes ces questions sont ouvertes et on travaille pour avoir des solutions et pouvoir y répondre".

 

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