Caterpillar: pour Thierry Bodson (FGTB), "c'est un véritable coup de poignard"

Entre colère et incompréhension, Les syndicats ont réagi ce vendredi à la fermeture complète du site de Caterpillar à Gosselies et le licenciement de 2200 personnes. La FGTB parle de "véritable coup de poignard", rappelant que des efforts avaient été faits, et une parole avait été donnée. La CGSLB, elle, se dit "scandalisée" et évoque une annonce "froide, métallique, inhumaine".

"Je ne l'explique pas, a confié Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, à la RTBF. Tout simplement parce que lors de la restructuration, il y a trois ans, c'était déjà une restructuration très lourde, à concurrence de 1300 emplois perdus. Ces emplois étaient une sorte de garantie qui avait été donnée. La garantie d'assurer la pérennité de la société à Gosselies avec les 2200 emplois, c'est donc un véritable coup de poignard."

"Une parole donnée, qui n'a tenu que trois ans"

Un "coup de poignard", compte tenu, que "des efforts importants avaient été demandés au personnel", ajoute Thierry Bodson.

"La restructuration ne s'était pas passée sans heurts, mais avait été mise en place dans le cadre d'une négociation avec les organisations syndicales. On se rend compte aujourd'hui que la parole donnée par rapport au plan industriel est une parole qui n'a tenu que trois ans".

Autres réactions du côté du syndicat socialiste, la FGTB Métal Hainaut-Namur déclare qu'elle "sera prioritairement aux côtés des travailleurs et de leurs familles dans ces moments difficiles". Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB qui s'est mis en retrait pour raison de santé, estime la fermeture "insensée". Myriam Delmée, vice-présidente du SETCa, estime sur Twitter, qu'en dépit des efforts des travailleurs, "rien n'est jamais suffisant pour contrer l'insolence des multinationales".

"La culture de concertation a été foulée aux pieds"

Le syndicat libéral a pour sa part réagi par voie de communiqué, regrettant que la concertation sociale n'ait pas été privilégiée et lance un appel au politique.

"Après et malgré tous les efforts réalisés par le personnel ces dernières années, la direction a décidé de fermer le site de Gosselies, indique la CGSLB. La culture de concertation qui existait traditionnellement avec les organisations syndicales a été foulée aux pieds. Par le passé, les partenaires sociaux étaient toujours tenus au courant de manière informelle de ce genre de problématique. Aujourd'hui, seule l'annonce officielle fut de mise, froide et métallique, inhumaine."

Appel à Paul Magnette et Charles Michel : "Oublier leurs dissensions politiques pour œuvrer efficacement"

"La logique économique de cette fermeture n'apparaît pas. En effet, des investissements importants avaient été réalisés sur le site et des engagements avaient été pris. Caterpillar Gosselies est le fleuron européen du groupe", affirme le syndicat libéral, assurant qu'il sera "bien sûr aux côtés des travailleurs dans cette lourde épreuve".

La CGSLB se tourne donc vers le politique dont il appelle à "toutes les initiatives", citant en particulier le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) et le Premier ministre Charles Michel. "Nous leur demandons d'oublier leurs dissensions politiques pour œuvrer efficacement pour les travailleurs et leurs familles qui sont aujourd'hui dans le désarroi le plus total."

Fermeture "révoltante"

La CSC indique sur Twitter que l'annonce de la fermeture de Caterpillar est "révoltante" et que la CSC se "battra pour que les droits des travailleurs soient respectés".

Par voie de communiqué, le syndicat chrétien a encore exprimé "tout son soutien aux travailleurs de Caterpillar et à leurs familles, qui subissent une réelle injustice. Il s'agit d'un nouveau drame social dans une région qui connait déjà des difficultés économiques et sociales importantes".

"La CSC se tient dès à présent au côté des travailleurs dans le combat pour sauver leur emploi et pour faire valoir leurs droits", conclut la communication.

Du côté de la CSC Charleroi - Sambre & Meuse, on dénonce "l'annonce froide de la fermeture (qui) a frappé (la) région comme un couperet". Dans un communiqué, le syndicat ajoute : "Nous sommes face à l'illustration du modèle économique de 'l'usine démontable' : produire à moindre coût et délocaliser à volonté. L'entreprise et ses dirigeants pensent aux profits de leurs actionnaires sans tenir compte des travailleurs."

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