Caterpillar: Marcourt et les banques s'accordent pour aider travailleurs et sous-traitants

Le ministre wallon de l'Économie Jean Claude Marcourt (PS) et les représentants de plusieurs banques ont convenu de se coordonner au sein d'un groupe de travail pour venir en aide aux entreprises, sous-traitants et fournisseurs touchés par la fermeture du site de Caterpillar Gosselies, ainsi qu'aux travailleurs licenciés.

Jean-Claude Marcourt souhaitait que ces banques jouent un rôle "citoyen", qu’elles fassent preuve de souplesses, notamment envers les sous-traitants qui se retrouvent dans des situations financières délicates.

Aide au travailleurs, notamment face à leurs crédits

Reports de paiements, aménagements de crédits, crédits-ponts, bon usage des indemnités de licenciement, remboursements anticipés, contre-garanties pour diversifier les activités économiques, etc. : l'ensemble du secteur bancaire devrait dans les semaines à venir coordonner les réponses envisageables et transmettre leurs instructions à leurs agences.

"L'idée, c'est d'étudier les dossiers au cas par cas et analyser finement les besoins, afin d'amortir au mieux le choc que subissent les entreprises ou les travailleurs", selon le cabinet Marcourt.

Au total, ce sont quelque 6000 travailleurs et une centaine de sous-traitants qui sont touchés par la fermeture. Les banques vont donc travailler de concert pour faire face.

"Les banques doivent d'abord connaître la situation, avoir un contact au plus vite avec les personnes concernées pour voir ensemble, cas par cas, ce qu'il est possible de faire", commente Rik Vandenberghe, CEO de ING et président de Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, présent lors de cette réunion.

"Les actions peuvent par exemple être de revoir les conditions de crédit – c'est-à-dire surtout peut-être la durée d'un crédit –, donner un crédit pont, et voir s'il y a d'autres solutions. Et puis, pour les travailleurs, ce qui sera très important lorsqu'ils toucheront des indemnités, c'est d'en faire un bon usage. Il s'agit donc de les aider à avoir une bonne pérennité de leur situation financière."

L'expérience de Ford Genk

Un plan de ce type avait déjà été mis en place entre les autorités flamandes et les banques lors de la fermeture de Ford à Genk en 2014.

"Je pense qu'on a, malheureusement, l'expérience avec le dossier Ford Genk où le secteur bancaire, conjointement avec les autorités, a mis en place certains mécanismes de suivi pour trouver des solutions, rappelle Rik Vandenberghe. Et je pense que, finalement, les résultats que l'on a dans ce dossier-là sont assez favorables. Il faut donc continuer dans cette direction."

"On doit être très proactifs. Pour les banques, nous avons mis en place toute une organisation, avec un point central, et chaque banque aura un point de contact. Il n'y a pas de temps à perdre en fait."

Les banques agiront aussi dans le cadre de la charte bancaire qu'elles ont signé en avril dernier avec la Wallonie, et qui doit permettre de mobiliser, de 2016 à 2020, quelque 2,8 milliards d'euros pour financer la création et la croissance des Petites et Moyennes Entreprises (PME) au sud du pays.

Lors de cette réunion, le ministre de l'Économie était entouré de représentants de Febelfin, ainsi que de cinq des plus grandes banques belges (ING, CBC, Belfius, BNP Paribas Fortis, CPH) et des trois outils financiers wallons que sont la SRIW (intervention financière à long terme dans des entreprises), la Sowalfin (partenaire financier des PME) et la Sogepa (pour les entreprises en redéploiement).

Rencontre entre Paul Magnette et des entreprises à Charleroi

Alors que le secteur bancaire se réunissait avec le ministre de l'Économie, le ministre-président Paul Magnette (PS) rencontrait à Charleroi plusieurs chefs d'entreprises qui pourrait, dans un premier temps, venir en aide aux sous-traitants de Caterpillar.

Le gouvernement wallon recevra par ailleurs un des grands patrons américains de Caterpillar mercredi prochain à Namur.

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