Caterpillar: le gouvernement wallon rencontrera la direction américaine, la Chambre réitère son invitation

Le gouvernement wallon qui se réunissait ce jeudi rencontrera la direction américaine du groupe Caterpillar mercredi prochain suite à la décision vendredi dernier de fermer son site de Gosselies et de licencier 2101 travailleurs.

Il semble que l'émissaire qui a enfin répondu favorablement à l'invitation sera l'un des plus hauts dirigeants de Caterpillar aux États-Unis, il pourrait s'agir du responsable de la branche d'activités dont dépend le site de Gosselies.

Par ailleurs, au vu des "graves conséquences socio-économiques" qu'entraîne la décision de fermeture du site de Gosselies pour la Belgique, le président de la Chambre a "demandé avec insistance" au management de Caterpillar de bien vouloir "reconsidérer l'invitation" des membres des commissions précitées à une audition.

Siefried Bracke a réitéré cette invitation à la suite d'une réunion de la conférence des présidents de la Chambre rassemblant l'ensemble des groupes politiques. Selon une note juridique de la Chambre, l'audition de la direction de Caterpillar ne souffre d'aucune objection à partir du moment ou la première information a été transmise au personnel.

"Leur démontrer que leur raisonnement est économiquement non fondé"

L'objectif de cette rencontre à l'Élysette – qui s'inscrit dans la première phase de la procédure Renault – est de connaître clairement les intentions, les motivations et les arguments du géant américain, mais aussi de le convaincre que le site est, totalement ou partiellement, viable. Bien que le gouvernement wallon travaille malgré tout déjà sur plusieurs scénarios, si fermeture il devait effectivement y avoir.

"J'ai demandé à la direction américaine de venir ici à Namur, confirme le ministre-président wallon Paul Magnette (PS). Je les rencontrerai en compagnie du ministre (de l'Économie) Marcourt pour examiner avec eux le cadre de cette négociation, avec, pour première priorité, de leur démontrer que leur raisonnement est économiquement non fondé. Et, le cas échéant, s'ils confirment leur décision, nous verrons alors comment on organise, la négociation."

"L'espoir est extrêmement mince"

Le gouvernement régional veut ainsi procéder dans l'ordre, avant de penser à une reprise ou une reconversion du site, en tentant d'abord de sauver ce qui peut l'être. Mais la ministre wallonne de l'Emploi Éliane Tillieux (PS) le reconnait : l'espoir ne faire plier Caterpillar est vraiment très limité.

"L'espoir est extrêmement mince, reconnaît-elle. Lorsque la rencontre avec des dirigeants américains de Caterpillar sera clôturée, nous saurons si, oui ou non, c'est possible. Ce sera définitif à ce moment-là.

La réunion de mercredi prochain revêt une importance capitale pour la suite de la procédure. Elle permettra de rendre un peu d'espoir aux travailleurs de Caterpillar ou de définitivement tourner cette page avant de peut-être en écrire une autre.

Task force régionale

En attendant, l'exécutif wallon a mis sur pied une task force régionale associant les organisations syndicales et le Comité de développement stratégique de Charleroi, afin d'envisager les mesures visant à maintenir un maximum d'activités industrielles et d'emplois sur le site de Caterpillar Gosselies, et dans les entreprises qui lui sont liées, a indiqué Paul Magnette.

Un cabinet d'avocats spécialisé et un consultant économique devront assister la SOGEPA, l'un des bras économiques de la Région, le gouvernement et les syndicats dans l'analyse du respect par Caterpillar de la loi Renault, et de la pertinence des motivations invoquées pour la fermeture.

Une cellule de coordination est aussi constituée entre la Wallonie et le Fédéral, pour envisager les questions relatives aux prépensions, à la fiscalité des indemnisations de licenciement, à la finalisation des zones franches, ou au soutien fédéral pour relancer le site. Cette cellule de coordination se réunira une première fois le 12 septembre prochain au Lambermont (Bruxelles).

Le volet européen a aussi été examiné par l'exécutif wallon.

Paul Magnette  rencontre des industriels carolos intéressés par travailleurs de Caterpillar  

De nombreuses entreprises se sont déjà manifestées. Le bourgmestre de Charleroi et ministre-président wallon voulait structurer ces demandes.

Une réunion est donc prévue ce vendredi matin chez IGRETEC à Gosselies pour faire le point.

De son côté, le ministre wallon de l'Economie Jean-Claude Marcourt a rendez-vous avec les sous-traitants de l'usine. Il doit aussi s'entretenir à 10h avec les représentants des principales banques du pays. Jean-Claude Marcourt veut que celles-ci jouent un rôle "citoyen" et qu’elles fassent preuve d’une certaine souplesse envers  les sous-traitants qui se retrouveront dans des situations financières délicates. Il sera question aussi des problèmes que pourraient rencontrer les travailleurs de Caterpillar qui doivent rembourser leurs crédits.   

 

 

 

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