Caterpillar: l'enseignement technique et professionnel va en souffrir

Rentrée difficile pour certains directeurs d'écoles secondaires : dans le technique et professionnel, la fermeture du site Caterpillar de Gosselies est un nouveau coup de massue pour ceux qui, depuis des années, essaient tant bien que mal de revaloriser leur filière.

Dans la région de Charleroi, Caterpillar était un débouché potentiel pour deux écoles principalement : l'Université du Travail et les Aumôniers du Travail. Mais le problème est moins celui de la perte d'un employeur pour certains élèves, que celui d'une image encore endommagée.

La fermeture de Caterpillar va encore renforcer la psychose

"Soudeurs, mécaniciens automaticiens, électroniciens, carrossiers, tout ce qui est dans le monde industriel se retrouvait - de près ou de loin - chez Caterpillar", Jean Coopmans est le directeur des Aumôniers du travail de Charleroi.

"La fermeture d'une boite pareille va encore renforcer la psychose. Depuis pas mal de temps on parle de métiers en pénurie, pour essayer de convaincre les jeunes de revenir vers l'enseignement industriel. Et même s'il y a de l'emploi, dans l'inconscient collectif, cette fermeture ne va pas aider à améliorer l'image."

Inadéquation entre choix d'études et réalité industrielle

Les filières industrielles sont "un peu" désertées - quelle que soit l'école, concède ce directeur. Il n'est effectivement pas rare, dans certaines options, que les élèves soient au nombre de deux à terminer leur cycle. Tout cela alors que les entrepreneurs réclament de la main d'oeuvre qualifiée à cor et à cri.

"On se remet à peine des reconversions industrielles des années 70, continue Jean Coopmans, après lesquelles les parents disaient qu'il ne fallait pas envoyer ses enfants dans le technique, faute d'emplois. C'est faux depuis un certain nombre d'années mais ça reste l'image. En soudure par exemple, nous avons une quinzaine d'élèves. C'est pas mal, mais s'il y en avait cinquante, je pense qu'il trouveraient du travail demain. Il y a inadéquation entre les choix d'études, dus à une vision pessimiste, et la réalité industrielle".

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