Caterpillar: déjà des tensions à propos des possibles prépensions

Le dossier a été abordé ce lundi après-midi lors d’une réunion entre les syndicats de l’entreprise, le gouvernement fédéral et le gouvernement wallon. C'est la première réunion d'une cellule de coordination mise en place après l’annonce de la direction de Caterpillar il y a 10 jours maintenant. Les réactions des ministres illustrent l'aspect très sensible de la prépensions aux yeux des différents gouvernements.

Objectif de cette cellule: envisager notamment les mesures de soutien aux travailleurs comme les prépensions, la fiscalité sur les indemnités de licenciement ou encore la relance du site de Gosselies.

Les syndicats de Caterpillar attendent des actes. Ils demandent notamment au gouvernement fédéral qu'il accepte les départs en prépensions pour les travailleurs de 50 ans. Mais il n’est pas sûr qu'ils soient entendus.

Ce qui était encore possible lors de la fermeture d'Opel à Anvers ou de Ford à Genk ne l'est plus aujourd'hui. Les prépensions à 50 et 52 ans étaient alors autorisées pour les entreprises en restructuration.

Chez Opel Anvers en 2010, plus de 600 travailleurs de 50 ans et plus ont pu en bénéficier. Chez Ford Genk, 3 ans plus tard le gouvernement fédéral avait accepté des départs à 52 ans. Et la même année, lors d'un plan de restructuration chez Caterpillar, les départs avaient été autorisés à 52 ans et demi.

Les ministres socialistes attendent un traitement égal entre toutes les régions du pays. Pour Paul Magnette, il serait incompréhensible "qu'il y ait des différences de traitement entre travailleurs du nord et du sud du pays. " Eliane Tillieux ne dit pas autre chose: " Nous sommes ici pour nous concerter. Des efforts ont été fait dans des situations au nord du pays. Nous devons nous entendre sur les principes. Un travailleur de Genk est égal à un travailleur de Caterpillar. "

Il faut désormais 56 ans, c'est le choix du gouvernement Michel

Mais depuis la loi a changé. Il faut désormais 56 ans, c'est le choix du gouvernement Michel, et on passera même à 57 ans l'année prochaine. Il faudrait donc que le gouvernement Michel accepte un virage à 180 degrés... Les syndicats avancent des arguments : il ne reste quasiment plus de travailleurs de 56 ans aujourd'hui chez Caterpillar, ils sont tous partis lors du plan de 2013.

Mais la N-VA s'y oppose. Bart De Wever a été très clair dimanche : ce n'est pas le bon choix, dit-il, avançant le coût que cela représenterait pour la sécurité sociale. "Il faut avoir des règles générales, dit-il, il faut éviter que chaque fois qu’une entreprise ferme, on ne prenne des mesures exceptionnelles".

Un certain embarras au MR?

La réaction ne devrait pas être très différente du côté de l’Open Vld. En 2010, lors de la fermeture d’Opel à Anvers, Alexander De Croo, alors président de l’Open Vld s’était déjà opposé à des prépensions à 50 ans. Reste la CD&V et le MR. La semaine dernière devant les députés, tant le premier ministre Charles Michel que le ministre de l’emploi, Kris Peeters, se sont retranchés derrière de futures négociations entre la direction de Caterpillar et les syndicats.

Charles Michel indiquant de son côté qu’il ne voulait pas donner d’indications qui pourraient servir à la direction de Caterpillar et déforcer les organisations syndicales. Pour Willy Borsu, ministre fédéral (MR) en charge des indépendants et des PME, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs: "Tous les efforts sont actuellement fait pour préserver ce qui peut l'être, protéger les sous-traitants, les PME, partager l'information, se concerter, étudier les pistes juridiques. "

Mais cela pourrait aussi cacher un certain embarras. Le ministre Peeters n’étant pas, lui-même, vraiment très chaud à l’idée de faire une exception. Ce lundi, Kris Peeters a déclaré que le moment n'était pas encore venu de parler de l'aspect social. "Ce serait donner des armes à la direction de Caterpillar." Au cdH, Maxime Prevot émet des doutes sur la capacité du Fédéral à accepter des exceptions à ses dernières mesures en termes de prépension. " Si j'en crois ce qui a été évoqué sur les terres du lutin Plop (la réunion familiale des membres de la N-VA à Plopsaland ce dimanche, ndlr), ce n'est pas encore gagné."

700 travailleurs de plus de 50 ans

La semaine dernière devant les députés, les représentants syndicaux plaidaient pour des mesures exceptionnelles, et notamment pour des prépensions à 50 ans. De quoi assurer, disait alors Jean-Marie Hoslet de la CSC, un filet de sécurité pour les travailleurs, le temps qu’ils retrouvent du travail. Une prépension à 50 ans pourrait bénéficier à quelques 700 travailleurs de Caterpillar aujourd'hui, 500 pour une prépension à 52 ans selon les calculs des syndicats. Ce message a encore été répété ce lundi après-midi par les syndicats. Jean Marie Hoslet pour la CSC demande que les hommes politiques montrent leur engagement en autorisant les prépensions (RCC) à 50 ans "C’est bien de soigner son image politique, mais c’est encore mieux de passer à l’action ". Même message d’Antonio Cocciolo (FGTB), tant pour les RCC que pour le chômage économique.

Les syndicats qui avaient également demandé que la même attention soit portée aux sous-traitants de Caterpillar qu'aux 2200 travailleurs employés par l'entreprise.

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