Caterpillar a bénéficié d'intérêts notionnels pour 61 millions d'euros, dénonce le PTB

Le PTB a dénoncé vendredi les avantages fiscaux dont a bénéficié Caterpillar en Belgique. Selon des chiffres tirés des bilans publiés de la société, l'entreprise, toujours bénéficiaire en 2015, a profité des intérêts notionnels pour un montant cumulé de 61 millions d'euros.

L'inefficacité des régimes fiscaux mis en place en Belgique

Le PTB pointe particulièrement du doigt le centre de coordination constitué dans les années 1980 par la société américaine en Belgique afin de bénéficier de la fiscalité avantageuse pour ce genre de structure, forme de centre de financement et de prestation de services dans une entreprise multinationale. Caterpillar Group Services a payé en 2015 un impôt de 190 000 euros sur un bénéfice de 4 millions d'euros, soit un taux de 4,6%.

Une entreprise bénéficiaire, sérieusement aidée par la fiscalité belge

Ces chiffres démontrent, selon le parti de gauche radicale, l'inefficacité des régimes fiscaux mis en place en Belgique pour attirer les multinationales.

"On est donc face à une entreprise bénéficiaire et sérieusement aidée par la fiscalité belge qui décide de s'en aller pour simplement augmenter encore sa rentabilité", ont souligné le député fédéral et le président du PTB Charleroi, Raoul Hedebouw et Germain Mugemangango.

"Le problème  n'est pas le coût du travail mais le coût du capital"

A l'échelle mondiale, malgré un chiffre d'affaires en baisse, les dividendes versés aux actionnaires ont continué à augmenter et s'élevaient en 2014 à 1,4 milliard de dollars, fait encore remarquer le parti, sur la base des chiffres consolidés de entreprise.

"A Caterpillar, le problème ce n'est pas le coût du travail mais le coût du capital qui fait passer le profit à tout prix avant les gens. Il est clair que la politique de dizaines de millions de cadeaux fiscaux et de subsides sans retour ne permet pas de garantir l'emploi", ont ajouté les deux dirigeants.

La sortie n'a pas suscité de réaction officielle. Dans les milieux gouvernementaux, l'on précisait toutefois vendredi que si le centre de coordination n'a payé qu'un impôt au taux de 4,6%, la société elle-même est soumise pour l'exercice 2015 à un impôt de 6,3 millions d'euros pour un bénéfice comptable de 24 millions d'euros, soit un taux de taxation effectif de 26%. Pour Caterpillar Gosselies, le bénéfice avant impôt en 2015 s'élevait à 16,5 millions d'euros et l'impôt payé à 5,5 millions, soit un taux de 30%.

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