Les horaires des étudiants dans le supérieur, un casse-tête pour les coordinateurs de cours

Il faut composer les horaires pour les nouveaux étudiants
Il faut composer les horaires pour les nouveaux étudiants - © AURORE BELOT - BELGA

Le décret paysage, qui concerne les hautes écoles et universités, entre complètement en vigueur en ce mois de septembre. Le décret permet aux étudiants de choisir leurs cours "à la carte". Ceux-ci ne sont donc plus obligés de suivre un programme "standardisé", identique pour tout le monde. Ils peuvent sélectionner les cours en fonction de leurs intérêts personnels et composer un horaire individuel. Mais cette nouvelle possibilité amène son lot de complications. Un problème se pose en effet au niveau des horaires, qui diffèrent pour chaque étudiant.

Les étudiants trainent leurs casseroles en deuxième et en troisième

Avec le décret Marcourt, on ne parle plus d’année d’étude, mais bien de cycle de trois ans. L’étudiant doit donc réussir la totalité de ses 180 crédits à la fin de sa troisième année. Il peut embarquer avec lui jusqu’en troisième année des cours de première et de deuxième année qu’il aurait ratés. Un étudiant peut en effet passer à l’année suivante, pourvu qu’il ait atteint 45 crédits sur les 60 crédits que compte une année d’étude. Ainsi, un étudiant qui passe ses examens et réussit un minimum de 45 crédits passe à l’année suivante mais il devra repasser les cours ratés l'année d'avant. Il aura donc l’entièreté des cours de cette nouvelle année, augmentée des cours qu’il a raté l’année précédente. Or, ces cours se donnent durant des années d’étude différentes et le risque que les cours se chevauchent est réel, comme l’explique Annick Vandeuren, directrice de la catégorie paramédicale de l’HELB. "On se retrouve avec des étudiants qui ont des matières en première, en deuxième et en troisième année. Le programme est de pire en pire chaque année et la complexité pour les horaires empire également pour les étudiants".

Ce passage à l’année suivante dès 45 crédits acquis induit les étudiants en erreur. "C’est un leurre pour les étudiants qui ont l’impression de continuer leur parcours et de réussir leurs années mais on a plusieurs cas de figure d’étudiants qui se retrouvent en troisième année avec des cours de première qu’ils n’arrivent pas à valider parce qu’ils ne vont plus aux cours, qu’ils sont détachés de ces matières de première année et qu’ils se concentrent sur des matières plus proches de leurs futures professions", continue Annick Vandeuren.

Des conflits horaires qui empêchent de suivre tous les cours

Certains étudiants se retrouvent donc confrontés à des conflits horaires. C’est le cas de Tom Hinderyckx, étudiant en troisième année de kinésithérapie à l’HELB. Le jeune homme est passé en troisième mais doit repasser trois cours de deuxième année. "Avec 45 crédits, je suis passé en troisième et donc maintenant j’ai droit à 60 crédits en troisième, c’est-à-dire la totalité de la troisième, plus trois cours de la deuxième année qui s’ajoutent. Cela me donne des soucis car je dois chevaucher deux années, j’ai parfois des cours de deuxième qui se donnent en même temps qu’un cours de troisième et donc je dois choisir un des deux cours." Ce choix est orienté par certaines obligations que l’étudiant doit suivre. "Nous avons des cours pratiques pour lesquels la présence est obligatoire. Si je ne vais pas à ces cours-là, je ne peux pas passer l’examen donc je privilégie mes cours pratiques par rapport aux cours théoriques", ajoute Tom.  

Les directions des hautes écoles et universités n’ont donc pas fini de s’arracher les cheveux en constituant les horaires de leurs élèves.