La Hongrie, terre de pauvreté

Banlieue pauvre de Miskolcs
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La Hongrie un pays dans une situation économique difficile. Un déficit lourd, une croissance qui peine à décoller. Et pour le gouvernement Orban, un seul mot d'ordre : l'austérité. Hausses d'impôts, aides sociales en baisse, et mesures plus polémiques.

L'austérité ce sont les plus démunis qui en font d'abord les frais. Un choix du gouvernement actuel, poussé en cela par l'Europe qui a sacralisé les chiffres de déficit autorisé.

Un choix ressenti très durement dans les raison de vieille industrie comme à Miskolcs ? Dans les années 80, 22 000 travailleurs l'usine sidérurgique de la ville. Aujourd'hui elle est fermée comme la plupart des autres entreprises.

Imre Toth, a travaillé 15 ans dans cette usine jusqu'à son licenciement et celui de ses camarades au début des années 2000.

Il témoigne : une industrie morte, c'est une ville qui meurt... Et c'est le cas des autres centres industriels du pays...

Miskolc, est la 4e plus grande ville de Hongrie. Aujourd'hui elle est à l'agonie. Même si son centre paraît coquet, à quelques rues de là, la réalité est toute autre : des maisons en ruine, des routes en terre, pas de trottoirs, partout des dépôts d'ordures et des rats.

Socialement la situation est catastrophique, à l'image de cette femme de 69 ans, rencontrée dans le quartier. Elle vit dans une petite maison avec son mari malade. Ancien ouvrier, il touche 400 euros de retraite par mois pour deux... C'est peu et pourtant c'est encore trop pour pouvoir bénéficier de certaines aides. La dame nous raconte : "Mon mari a eu 2 AVC... Mais on lui refuse le droit aux médicaments à moitié prix car sa pension est trop élevée..."

Et l'ancien ouvrier de la sidérurgie s'insurge :

"Il paraît que le maire veut développer le tourisme dans la ville... Peut-être qu'il veut faire du tourisme de catastrophe parce qu'ici on vit dans des bidonvilles..."

Et pour ceux qui sont en âge de travailler, peu d'espoir... Dans l'agence pour l'emploi de la ville, il y a foule dès le matin. Les plus fragiles ne sont pas épargnés. Exemple d'un homme rencontré dans la queue : il touchait la retraite handicapée depuis 6 ans, après un cancer de la gorge mais, il y a 6 mois on lui a retiré cette allocation et il est désormais au chômage.  

Un exemple de ces personnes handicapées remises au travail dans un pays en pleine déroute financière et où le gouvernement est prêt à tout pour faire des économies, même à sacrifier sa politique sociale.

Autre exemple ce programme élaboré par le gouvernement et qui fait qui fait polémique : le travail d'utilité publique contre des allocations...

Des hommes et des femmes, chômeurs qui pour toucher l'aide sociale, soit 75 euros par mois, sont obligés de travailler pour la municipalité : nettoyage, entretien des routes. Trois mois obligatoires dans l'année, sinon plus d'aides, plus rien.

Une mesure décidée sous les socialistes et durcie sous la droite du Fidesz, le parti au pouvoir. Pas grand chose en revanche pour le renouveau des industries, pas vraiment de plan à long terme dans la région. Un avenir bien sombre.

RTBF

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