Tarabella sur le Brexit: "Il faut qu'ils soient moins bien demain qu'aujourd'hui"

Les Britanniques ont donc vraisemblablement choisi de sortir de l'Union européenne. Tous les bulletins n'ont pas encore été dépouillés mais la tendance sera difficile à inverser.

L'eurodéputé PS Marc Tarabella était l'invité de La Première ce vendredi matin pour commenter ce Brexit. Il n'est pas réellement surpris et dit respecter le choix des citoyens britanniques. Il évoque un choc, pour l'Europe bien sûr, mais surtout pour la Grande-Bretagne : "C'est la première fois qu'un Etat membre décide de quitter l'UE, par voix de référendum. Donc, respect pour les Britanniques qui se sont exprimés en masse. Je pense que ce sera un choc, plus pour la Grande-Bretagne que pour l'Europe. Je pense que la Grande-Bretagne risque de se désintégrer par les velléités d'indépendance, notamment de l'Ecosse comme ça vient d'être rappelé".

Refonder le projet européen

Marc Tarabella reproche à David Cameron son attitude schizophrène. Le premier ministre britannique n'a eu de cesse de critiquer l'Europe jusqu'à ces deux derniers mois pendant lesquels il a mené campagne pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE : "Pour l'instant, il y a une responsabilité d'abord du côté de David Cameron qui a quand même joué avec le feu, qui s'est fait réélire en mettant en avant cette idée de référendum. Mais il n'a pas pu rattraper ces années où il n'a jamais admis qu'être dans l'UE pour le Royaume-Uni était un avantage. L'économie britannique s'est restructurée et a bénéficié du marché intérieur. D'ailleurs, David Cameron ne parlait pas de l'Union européenne mais du single market, le marché unique, car il n'y a que ça qui les intéressait. Ils en ont profité mais ils ne l'ont jamais admis au Royaume-Uni. Et aujourd'hui, pendant deux mois de campagne, il n'a cessé de dire le contraire de ce qu'il martelait auparavant et qu'être dans l'UE était une opportunité. Mais peut-être un peu tard".

Une opportunité pour l'Europe?

L'eurodéputé PS insiste aussi sur le fait que le statu quo n'est pas une option avec la Grande-Bretagne. Ils  ne peuvent pas décider de partir et continuer de bénéficier des avantages de l'UE : "Ce départ du Royaume-Uni peut être une opportunité pour l'Europe, pour essayer de mieux faire les choses ensemble et de se poser cette question existentielle, que fait-on encore ensemble ? Parce qu'effectivement, on risque un effet domino et pas seulement de pays nouvellement arrivés mais aussi un pays comme les Pays-Bas par exemple, qui pourrait très bien emboîter le pas. Et pour éviter cet effet domino, il faut redéfinir un projet, que les chefs d'Etat se mettent autour de la table et se comptent entre eux pour savoir qui a vraiment envie de faire perdurer le projet européen avec des projets porteurs pour les citoyens. Et puis, il faut aussi faire en sorte que le Royaume-Uni n'ait plus les mêmes avantages qu'en étant dans l'UE. Je ne veux pas être cynique, je veux être réaliste. Il n'est pas question de punir ou d'être revanchard, le peuple s'est prononcé et ça mérite le respect, mais ils décident de quitter, il faut qu'ils soient moins bien demain qu’aujourd’hui. S'il n'y a pas d'effet pour eux et qu'ils bénéficient toujours de l'Union européenne tout en étant dehors et en ne contribuant plus, ça voudra dire qu'il n'y a plus aucune plus-value d'être membre de l'Union européenne".

Marc Tarabella souhaite qu'il y ait une vraie différence entre les Etats membres et les autres, même s'il insiste sur le fait de conserver des bonnes relations de voisinage.

Retrouvez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK