Sommet européen: le Brexit au centre de la table des négociations

Ces 19 et 20 octobre se tient un sommet européen à Bruxelles, où se réunissent les chefs d'Etat et de gouvernements de l'Union. L’occasion pour ses 28 pays de s’attaquer, principalement, à la question épineuse du Brexit.

A la veille du sommet, le ministre britannique de la sortie de l'Union européenne, David Davis, a fait connaître sa position à la presse. Selon lui, l’Europe devrait adopter une position plus souple durant les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Pour François Gemenne, politologue à l'Université de Liège et chercheur à Sciences Po Paris, il n’y a rien d’étonnant dans cette déclaration " dans la mesure où beaucoup de Britanniques commencent aujourd'hui à déchanter de ce Brexit, tandis qu'à l'inverse, les autres États européens ont intérêt à maintenir une position dure. Il est dans l'intérêt des autres États européens que le Brexit se passe le plus mal possible pour la Grande-Bretagne, de façon à décourager demain de futures Catalogne ou Flandre. "

27 États unis ? 

En un sens, le Brexit agirait également comme un facteur d'unité pour les pays européens qui comprennent qu'ils ont aussi beaucoup à gagner.

Reste aux 27 autres États membres à s’accorder afin d’être unis au cours des négociations face aux Britanniques. Une homogénéité souvent remise en cause par l’actualité. Pourtant, pour Sophie Heine, politologue à l'Université d'Oxford et écrivaine, l’unité entre membres de l’Union existe : "Moi je pense qu'il y a une unité. Elle est peut-être de façade, mais elle est présente dans le discours depuis le départ sur les trois points qu'il faut négocier avant de commencer les négociations commerciales, et c'est là-dessus qu'il y a, évidemment, encore des éléments qui coincent."

Jusqu’à présent, aucun accord n’a encore été trouvé quant au montant que les Britanniques s’apprêtent à payer suite à leur sortie. Aussi, d’autres points posent encore question comme la frontière avec l’Irlande ou le statut des citoyens européens qui résident au Royaume-Uni qui n’est, pour le moment, pas formellement garanti. Des sujets épineux qui demandent encore négociations. Certaines organisations telles que New Europeans militent depuis quelques années afin de défendre les valeurs et droits européens.

"Dans toute négociation de ce type, il faut que les deux parties jouent les durs et la souplesse va finir par se faire. C'est important aussi de rappeler l'absence d'unité au sein du Royaume-Uni, et au sein même du gouvernement britannique." ajoute Sophie Heine.

27+1

Les Britanniques seraient-ils déjà en retrait ? Est-il encore légitime qu’ils puissent prendre la parole concernant les autres sujets à l’agenda de ce Conseil comme la Turquie ou la question des migrants ?

François Gemenne tranche : "C'est quelque part par peur d'une politique européenne commune sur les migrations que les Britanniques sont sortis de l'Union européenne avec cette idée de regagner le contrôle sur leurs frontières. Ils n'ont donc aucune légitimité pour discuter des autres sujets, à part le Brexit."

Le manque de cohésion est également reproché aux Britanniques. Sophie Heine explique : "Le gouvernement britannique est lui-même très divisé puisqu'une partie du gouvernement envisage une possibilité de no deal, c’est-à-dire, de sortir sans accord. Ce serait quelque chose d'assez radical pour beaucoup d'entreprises et pour la société civile. Une autre partie du gouvernement dit bien clairement que non, il faut un accord. "

Situation qui reflète des divisions plus profondes entre les franges plus ou moins eurosceptiques dures des théoristes et des conservateurs. Division également entre le gouvernement et l'opposition travailliste.

Beaucoup espèrent donc que ce Conseil européen apportera son lot d’éclaircissements sur le Brexit, d’une part et, d’autre part, sur les autres sujets inscrits à l’agenda. Une affaire, encore et toujours, à suivre.

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