Philippe Lamberts: "Ce jour est un jour noir pour la construction européenne"

L'eurodéputé écolo Philippe Lamberts, européen convaincu, se désole du choix britannique
L'eurodéputé écolo Philippe Lamberts, européen convaincu, se désole du choix britannique - © RTBF

Si les résultats officiels n'ont pas encore été proclamés, l'issue du scrutin britannique sur le Brexit ne fait plus aucun doute désormais. Les citoyens britanniques ont bel et bien décidé de quitter l'Union européenne.

L'eurodéputé écolo Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts au Parlement européen était sur les antennes de La Première ce vendredi matin. Européen convaincu, Philippe Lamberts évoque "une gueule de bois" en découvrant les résultats du référendum ce matin : "Jusqu'à hier soir et même ce matin très tôt, alors que les tous premiers résultats tombaient, j'espérais que le bons sens prévale. On avait vu des sondages qui donnait le remain à 52% contre 48% pour le Brexit. Et c'est en fait le scénario inverse qui se réalise. Je pense que ce jour est un jour noir pour la construction européenne".

La victoire de l'euroscepticisme

Quant à l'analyse de ce vote, Philippe Lamberts en est conscient, la confiance du citoyen européen envers l'Union se désagrège, et pas qu'au Royaume-Uni : "Ce vote traduit une défiance croissante, un sentiment de dépossession, de beaucoup de nos concitoyens. Et ce sentiment existe sur le continent, ne nous faisons pas d'illusion. Il ne faut pas s'imaginer que c'est un phénomène spécifique au Royaume-Uni, même s'il y a peut-être des particularités culturelles liées à l'insularité du pays. Ceci étant, je sens monter, même dans un pays comme la Belgique, traditionnellement favorable à la construction européenne, un sentiment de rejet de l'idée d'une construction européenne. On a l'impression finalement que cette construction se fait contre l'intérêt d'une majorité de citoyens".

Dans ce vote, l'eurodéputé écolo voit surtout une victoire de l'euroscepticisme grimpant en Europe. Pour lui, ce serait une erreur de limiter l'interprétation du vote en faveur du Brexit aux circonstances particulières du Royaume-Uni : "Si demain, Marine Le Pen arrivait au pouvoir et lançait un référendum en France, je ne suis pas sûr que le 'rester en Europe' gagnerait". 

Un nouvel élan pour l'Europe?

Parmi les partisans de la construction européenne, beaucoup espèrent que ce Brexit redonne un nouvel élan à l'Union européenne. Charles Michel évoquait d'ailleurs récemment une refonte de l'Europe, quelle qu'est été l'issue du référendum. Philippe Lamberts l'espère aussi mais avoue ne pas encore y croire : "Jusqu'à maintenant, je n'ai pas d'indication que les familles politiques qui sont majoritairement au pouvoir en Europe vont avoir une lecture du vote d'hier soir comme la remise en cause d'une politique. C'est à dire la politique qui est menée depuis trente ans, des choix essentiellement néolibéraux pratiqués par des gouvernements, qu'ils soient réputés de gauche ou de droite". 

Pour étayer son propos, Philippe Lamberts se rappelle qu'à l'issue des élections européennes de 2014, lorsque des parlementaires faisaient remarquer à Herman Van Rompuy, alors président du Conseil européen, qu'il y avait une montée importante des eurosceptiques au Parlement européen, celui-ci ne semblait pas s'en inquiéter : "Il nous répondait en substance que les partis traditionnels étaient toujours majoritaires et que donc il n'y avait pas de raison de remettre en cause la ligne que nous avons choisi jusqu'ici. C'est l'attitude de celui qui tombant d'une falaise continue à se dire à dix mètres du sol 'jusqu'ici, tout va bien'".

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