Brexit: une campagne acharnée pour déterminer le sort du Royaume-Uni

Le débat a forcé tous les leaders politiques britanniques à se positionner.
Le débat a forcé tous les leaders politiques britanniques à se positionner. - © PAUL ELLIS - AFP

La campagne pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE (aussi appelé le Brexit, contraction de British Exit) fait rage dans le pays, mettant face à face le Premier ministre David Cameron, favorable au maintien, et l'ancien maire de Londres Boris Johnson, qui a pris la tête du mouvement "Leave". A deux semaines du scrutin, les deux camps sont au coude-à-coude.

L'idée d'un référendum sur la place du Royaume-Uni dans l'UE a été émise pour la première fois en janvier 2013. Le Premier ministre conservateur, David Cameron, l'a reprise durant la campagne électorale de 2015 en promettant d'organiser un référendum avant fin 2017 s'il était réélu.

Une fois reconduit à son poste de Premier ministre, David Cameron s'est d'abord tourné vers ses partenaires européens pour obtenir des réformes et des garanties pour le pays. L'accord, scellé mi-février, devait être utilisé par les partisans du maintien du Royaume-Uni pour convaincre les Britanniques, mais le Premier ministre, son ministre des Finances Georges Osborne et les autres partisans du maintien ont surtout joué sur l'incertitude qui entoure le scénario d'un Brexit.

Ils mettent en avant la récession que pourrait subir le pays, l'inconnue de ses relations avec l'Europe et le reste du monde, les difficultés pratiques et le coût que représenteraient des vacances sur le continent, etc.

Le camp du "leave", emmené par les conservateurs Boris Johnson et Michael Cove, a lui aussi agité des épouvantails, et notamment le coût d'une participation du Royaume-Uni à l'UE. Depuis le fameux "I want my money back" de Margaret Thatcher, le Royaume-Uni récupère une partie de sa participation financière à l'UE, mais le solde reste exagéré pour les partisans du "leave". Ils pointent aussi le risque d'une arrivée massive de migrants économiques ou de menace terroriste.

L'ancien maire de Londres est même allé jusqu'à comparer l'UE à Hitler. Napoléon et Hitler ont essayé de dominer le continent, a-t-il déclaré. "L'UE est une autre tentative d'y arriver, par d'autres méthodes."

"La campagne n'atteint pas le niveau intellectuel le plus élevé, c'est le moins que l'on puisse dire", constate le politologue Dave Sinardet (VUB).

Tant David Cameron que Boris Johnson font face à des problèmes de perception. Le fait que David Cameron se soit transformé en défenseur de l'UE ne cesse d'étonner, tandis qu'il se chuchote que son adversaire ne serait en fait pas favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

La question cruciale de la participation européenne a en fait été déviée en un duel pour la direction du parti conservateur

"Si on examine les déclarations du passé, on peut avoir une impression bizarre", confirme Dave Sinardet. Il est assez clair selon lui que David Cameron et Boris Johnson se sont lancés dans l'aventure pour des raisons principalement de politique intérieure. "La question cruciale de la participation européenne a en fait été déviée en un duel pour la direction du parti conservateur."

Le débat a forcé tous les leaders politiques britanniques à se positionner. Si le chef des indépendantistes europhobes du Ukip Nigel Farage est clairement pour le "leave", le dirigeant des travaillistes, Jeremy Corbyn, s'est prononcé, un peu à reculons, pour le maintien dans l'UE. Plus à gauche que ses prédécesseurs, l'homme est assez critique envers les orientations néolibérales de l'UE. Mais c'est lui, et ses électeurs, qui pourraient faire pencher la balance en faveur d'un "Bremain" (British remain). A la suite de la cheffe des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, il a cependant commencé à vanter les bienfaits de l'UE pour la protection des travailleurs ou celle de l'environnement.

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