Brexit: pour Bart De Wever, un référendum écossais serait un précédent intéressant

Le président de la N-VA, Bart De Wever ne doute pas que l'Ecosse organisera un referendum sur son maintien dans la Grande-Bretagne après le choix britannique de sortir de l'Union européenne. Le nationaliste flamand y voit un "précédent intéressant".

Le Royaume-Uni se sera aussi dissous lui-même

Vendredi, la première ministre écossaise a annoncé que les conditions qui avaient présidé au referendum de 2014, lors duquel les Ecossais avaient choisi de rester dans le Royaume-Uni, étaient fondamentalement modifiées et que la question d'une nouvelle consultation était sur la table, l'Ecosse ayant majoritairement voté en faveur du maintien dans l'UE.

"Je pense que les Ecossais le feront et qu'ils gagneront, et que le Royaume-Uni n'aura pas seulement dissous l'Union européenne mais se sera aussi dissous lui-même", a expliqué M. De Wever sur le plateau de l'émission "De Zevende Dag" (VRT).

Le président du premier parti de Belgique ne voit pas d'un bon oeil l'organisation d'une consultation sur l'UE en Belgique (que seul propose jusqu'à présent le Vlaams Belang). Il n'est d'ailleurs pas un chaud partisan des referendum.

"Cela me paraît être une idée stupide. Je suis d'ailleurs contre les referendum. Soumettre des questions compliquées aux gens sous la forme de oui ou non, je ne pense pas que ce soit intelligent. Car on a des gens qui votent pour des tas de raisons, souvent plus avec le coeur qu'avec la tête. Et ensuite, il faut réparer les dégâts."

Huit Flamands sur dix disent vouloir rester en Belgique

Dès vendredi, les jeunes N-VA ont appelé à l'indépendance de la Flandre sur Twitter. "Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Quand la Flandre quitte-t-elle la Belgique ?", ont-ils demandé en comparant les transferts de la Grande-Bretagne vers l'UE et ceux, selon leurs calculs, de la Flandre vers la Wallonie.

"S'ils veulent quitter, qu'ils quittent. Il n'y a pas de problème. Entre Wallons et Bruxellois, on s'en sortira très bien", a répliqué le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS) sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi), avant d'insister sur le caractère illusoire d'un Belxit: 8 Flamands sur 10 disent vouloir rester en Belgique.

Juncker et Verhofstadt fautivement revanchards 

Concernant les déclarations du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à propos du Brexit, De Wever n'a pas apprécié. Pas plus que celles du chef de groupe libéral au parlement européen, Guy Verhofstadt. Selon lui, elles témoignent d'une attitude revancharde à l'égard de la Grande-Bretagne.

"Je pense que l'attitude revancharde que l'on perçoit chez certains comme Guy Verhofstadt ou même Jean-Claude Juncker est fautive. Les déclarations arrogantes de M. Juncker, un fonctionnaire de Luxembourg qui vient dire qu'ils n'auraient pas dû faire ça et maintenant qu'ils devront payer, n'apportent rien", a déclaré M. De Wever sur le plateau de l'émission "De Zevende Dag".

"L'Angleterre est à côté de nous et ne va pas subitement disparaître. Elle l'un de nos partenaires commerciaux les plus importants, certainement pour la Flandre. Nous avons donc tout intérêt à ce qu'ils restent dans le marché intérieur", a-t-il ajouté.

Je veux une Europe plus petite

La N-VA est membre du groupe eurosceptique ECR du parlement européen, aux côtés des conservateurs britanniques et des ultraconservateurs polonais. Bart De Wever ne veut pas d'un super-Etat européen que défendent, selon lui, des gens comme Guy Verhofstadt. A ses yeux, il s'agit du chemin le plus court vers l'anéantissement de l'Union européenne.

"Je ne veux absolument pas d'un super-Etat européen. Je veux l'inverse: une Europe plus petite", a répondu l'ancien Premier ministre sur le plateau de VTM. "L'Europe d'aujourd'hui, c'est une confédération de pays et ça ne fonctionne pas parce qu'on a tout le temps besoin de 28 chefs d'Etat ou de gouvernement. Si on ne fait rien, ça pourrait être le début de la fin."

Bart De Wever veut lui aussi tirer les leçon du choix britannique. Il invite les institutions européennes à s'interroger sur la vague anti-européenne en pointant du doigt la crise des réfugiés ou le dumping social.

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