Brexit: plus d'un mois après le référendum, toujours l'incertitude

Brexit: plus d'un mois après le référendum, toujours l'incertitude
Brexit: plus d'un mois après le référendum, toujours l'incertitude - © JUSTIN TALLIS - AFP

Il y a un peu plus d'un mois, les électeurs britanniques se sont prononcés en majorité en faveur du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Où en est on aujourd'hui ? Depuis un mois, la situation n'a pas vraiment bougé. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne se passe rien. La nouvelle Première ministre britannique Theresa May n'en finit pas de parcourir le Royaume-Uni et l'Union européenne pour tenter d'y voir plus clair sur les prochains mois.

Mais pour l'instant, le flou est total. D'abord parce que, jusqu'à présent, les Européens tiennent bon : pas de négociations - disent-ils - tant que les Britanniques n'ont pas officiellement déclaré qu'ils voulaient divorcer. Tandis que côté britannique, on aimerait en savoir plus sur l'après séparation avant de déclencher le signal du départ.

Le cas particulier irlandais

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Brexit secoue le Royaume-Uni en son sein. Theresa May s'est rendue cette semaine en Irlande du Nord, membre du Royaume-Uni, qui ne veut pas, en cas de Brexit, découvrir une frontière entre elle et la république d'Irlande, qui elle restera membre de l'Union européenne. La crainte de tous, au Royaume-Uni comme dans l'Union européenne, c'est de voir se raviver les tensions en Irlande du Nord. Un conflit entre ceux, plutôt protestants, qui veulent rester membre du Royaume-Uni, et ceux, plutôt catholiques, qui souhaitent rejoindre la république d'Irlande, indépendante, et membre de l'Union européenne.

Le conflit a duré plus de 30 ans, fait 3500 morts. On se souvient d'attentats sanglants en Irlande du Nord et en Angleterre, mais aussi de la répression tout aussi sanglante de l'armée britannique. En 2007, les deux communautés signaient un accord pour gouverner ensemble l'Irlande du Nord qui reste membre du Royaume-Uni.

De l'argent européen pour maintenir la paix

L'Union européenne intervient financièrement pour soutenir le développement et surtout la paix, qui reste très fragile. Depuis 95, plus d'un milliard et demi d'euros ont été investis dans ces projets. La crainte sur place, c'est de perdre cet argent si le Brexit intervenait. Même si l'on sait que l'Union pourrait très bien continuer à financer les efforts de paix dans une région qui n'est pas membre de l'Union.

L'autre inquiétude c'est de voir soudainement surgir une frontière entre la République d’Irlande, qui resterait membre de l'Union et l’Irlande du Nord, sortie de l'Union. Mais ces contrôles n'existent plus depuis 1922, depuis bien avant l'Union européenne donc. Il n'y a donc pas de raison d'en instaurer de nouveaux d'après Theresa May. 

Le beurre et l'argent du beurre

Quant à l'Ecosse, elle ne veut pas quitter l'UE. Theresa May a promis aux Écossais qu'elle ne lancerait pas le divorce si elle n'avait pas la certitude que toutes les composantes du Royaume-Uni la suivaient sur ce point.

Cela signifie qu'il faudra sans doute encore longtemps avant de déclencher ce fameux article 50 qui donne le signal de départ pour les négociations. Des négociations qui s'annoncent déjà compliquées puisque les Britanniques veulent conserver l'accès au marché unique européen mais sans plus en subir les contraintes, comme par exemple la liberté pour les Européens de s'installer au Royaume-Uni.

Ce qui se dessine en tout cas, c'est qu'il y a urgence : un mois après le référendum, l'incertitude est toujours aussi grande, et l'économie britannique commence à en faire sérieusement les frais.

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