Brexit: l'après 23 juin: Will they stay or will they go?

This handout picture released by ITV shows, (L-R) British Conservative Party politician Andrea Leadsom, British Labour Party politician Gisela Stuart and Former Mayor of London and Conservative Party politician Boris Johnson supporting the 'Leave' campaign talking during The ITV Referendum Debate in London on June 9, 2016 Brexit campaigners accused the government of trying to rig the EU referendum and threatened legal action on Thursday as former London mayor Boris Johnson à droite lors du premier débat télévisé. L'ancien maire de Londres est un fervent défenseur du camp "pro-brexit".
This handout picture released by ITV shows, (L-R) British Conservative Party politician Andrea Leadsom, British Labour Party politician Gisela Stuart and Former Mayor of London and Conservative Party politician Boris Johnson supporting the 'Leave' campaign talking during The ITV Referendum Debate in London on June 9, 2016 Brexit campaigners accused the government of trying to rig the EU referendum and threatened legal action on Thursday as former London mayor Boris Johnson à droite lors du premier débat télévisé. L'ancien maire de Londres est un fervent défenseur du camp "pro-brexit". - © MATT FROST - AFP

Les Britanniques sont appelés à se prononcer, le 23 juin, pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, un référendum promis par le Premier ministre David Cameron lors de la campagne électorale de mai 2015. Les deux camps (Leave et Remain) sont au coude-à-coude dans les sondages, et ce sont les indécis (environ 11%) qui feront pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Quelles conséquences auraient les deux scénarios? Tentative de réponse.

LE "REMAIN" L'EMPORTE

C'est l'hypothèse défendue par David Cameron, qui en sortirait dès lors conforté, sauf si le maintien dans l'UE passe à une courte majorité. Il pourrait alors être contesté au sein de son parti pour sa gestion de l'événement, par exemple par l'ancien maire de Londres, Boris Johnson, qui a pris la tête du camp du "Leave".

Sur le plan européen, le "Bremain" (contraction de British remain) est l'option qui présente le moins d'incertitudes, puisque le Royaume-Uni continuerait à faire partie de l'Union européenne.

David Cameron avait négocié avec ses partenaires européens un accord, en février, réaffirmant le statut spécial du Royaume-Uni et lui permettant, notamment, de suspendre pendant sept ans, en cas de pression trop forte sur le système, les prestations sociales octroyées aux personnes venant de l'étranger. Les allocations familiales seraient aussi liées au niveau de vie du pays où elles seraient octroyées. Le Royaume-Uni a également reçu la garantie de ne jamais devoir entrer dans la zone euro ou faire partie de "l'Union toujours plus étroite".

Ces concessions engrangées par David Cameron devront cependant faire l'objet de textes législatifs européens, et passer donc tous les écueils de la procédure législative. Le Parlement européen a promis de se montrer constructif, mais on ne peut pas garantir à l'avance le résultat, avait indiqué le président de l'hémicycle Martin Schulz.

Certaines parties de l'accord pourraient également poser des problèmes, en ce sens qu'elles portent atteinte à des principes fondateurs de l'UE, comme la libre circulation des travailleurs.

Enfin, une victoire franche et nette de Cameron et son camp pourrait ramener un Premier ministre britannique remis en confiance et gonflé à bloc sur la scène européenne, ce qui pourrait heurter certains europhiles. "Une série de propositions euroréalistes deviendront soudainement tangibles", estime l'eurodéputé N-VA Sander Loones, dont le parti s'est associé dans un groupe politique européen avec les conservateurs britanniques.

Le "LEAVE" L'EMPORTE

C'est l'hypothèse du saut dans l'inconnu. Le Traité sur l'Union européenne prévoit la possibilité qu'un membre de l'Union souhaite la quitter. L'article 50 énonce en effet que "tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union" et qu'à cette fin, l'Union et l'Etat en question négocient les modalités de son retrait "en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union". Les traités européens et conclus dans le cadre de l'UE cessent de s'appliquer à l'Etat.

Pour éviter au Premier ministre britannique la tentation de venir demander des "négociations de la dernière chance", avec de nouvelles concessions européennes, l'accord conclu en février contient, à la demande de la Belgique, une clause d'autodestruction, qui stipule que l'accord serait caduc en cas de victoire du "leave".

Mais l'exercice de la sortie du Royaume-Uni de l'UE serait une incursion en territoire inconnu, l'article 50 n'ayant jusqu'ici jamais été appliqué. Il est clair que la sortie britannique de l'UE aura des effets directs pour les fonctionnaires européens de nationalité britannique, qui pourraient perdre leur emploi, à tout le moins ceux ayant une fonction élevée.

En fonction de l'accord que le Royaume-Uni conclurait avec l'UE, le pays pourrait ne plus avoir accès au marché intérieur, ou devoir réinstaurer un système de visas pour entrer dans des pays de l'UE. Selon le Financial Times, des réunions secrètes auraient déjà été organisées pour déterminer la position européenne. La France est favorable à une position dure face au Royaume-Uni, pour éviter que l'exemple britannique ne donne des idées à d'autres, en France ou ailleurs. Le président de la Commission européenne, tout en refusant de prendre position officiellement, a tout de même mis en garde dans une interview au Monde que "les 'déserteurs' ne seront pas accueillis à bras ouverts".

"Ce serait une erreur de la part d'une Europe douillette de prendre une attitude revancharde envers le Royaume-Uni. Celui-ci est le quatrième partenaire économique de la Flandre, et l'île ne va pas disparaître avec le Brexit. Nous devons garder de bonnes relations avec les Britanniques", estime Sander Loones.

Mais une victoire du "leave" au référendum pourrait aussi redessiner le Royaume-Uni. La cheffe des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, a déjà laissé entendre que le Brexit mènerait "très certainement" à un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, qui est pro-européenne.

L'Irlande du Nord, où une majorité de la population est favorable à l'UE, pourrait elle aussi vouloir contester son appartenance au Royaume-Uni. "Le processus de paix a été facilité par le fait que la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord était mince, mais un Brexit rétablirait soudainement une vraie frontière entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Les nationalistes irlandais pourraient alors à nouveau plaider pour la réunification de l'Irlande", souligne le politologue Dave Sinardet (VUB).

Quelle sera au final la réponse européenne? Assistera-t-on à un renforcement de l'UE, alors que le Traité de Rome aura 60 ans l'an prochain? Ou la pression des populistes et des eurosceptiques prendra-t-elle le dessus, alors que d'autres pays - l'Allemagne, la France, les Pays-Bas - seront confrontés à des élections l'an prochain? La Commission attend en tout cas l'issue du référendum britannique pour présenter sa nouvelle stratégie globale en matière de sécurité.

 

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