"Que faire en cas de symptôme? " Et la garderie? La cantine?" : toutes les réponses à vos questions sur la rentrée scolaire au temps du coronavirus

Tadam! Ce début septembre 2020, c'est une rentrée à la fois particulière, et en même temps comme toutes les autres, qui attend les enfants des écoles maternelles, primaires et secondaires de notre pays.

Particulière car certains n'ont plus mis les pieds dans leur classe depuis près de six mois, parce qu'elle sera sous haute vigilance, avec des masques, du gel, des précautions, mais comme toutes les autres, parce que finalement, les enfants auront bien cours cinq jours par semaine, qu'ils pourront retrouver tous leurs camarades, et parler et jouer avec eux dans la cour de récréation.

Comme beaucoup de questions continuent à tracasser parents, élèves mais aussi professeurs, nous avons voulu faire le point en prenant pour exemple Jean, neuf ans, élève à l'école communale de Pepinster, et Marie, quinze ans, qui rentre en troisième secondaire à Bruxelles, sur toute une série de questions.


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1°) Avant la rentrée: les écoles sont-elles prêtes ? Les conditions sont-elles sûres ? 

  • La situation sanitaire est-elle suffisamment sûre ? N'est-il pas risqué d'envoyer mon enfant à l'école?

Pierre Smeester, infectiologue, pédiatre à l’Hôpital des enfants Reine Fabiola (HUDERF) et membre de la task force pédiatrique relativise le risque. "Le risque lié au coronavirus pour les enfants est négligeable d’un point de vue statistique et nettement inférieur à tous les autres risques que les enfants courent en permanence et de tous temps : le risque de contracter une méningite, un cancer infantile, ou même de tomber à vélo en traversant la rue. On a l’expérience de deux mois de retour à l’école en mai et juin qui se sont bien passés et ont suscité très peu de cas de COVID-19 chez les enfants, tout comme les camps scouts de cet été. Par ailleurs, à l’hôpital des enfants, nous n’avons plus eu d’enfants malades du coronavirus depuis plusieurs mois", conclut-il.

  • Les conditions d'hygiène dans les écoles sont-elles suffisantes?

Les directions ont eu du temps pour préparer la rentrée et prévoir toutes les précautions en matière d'hygiène. Certaines sont allées plus loin et ont procédé à une désinfection complète, comme dans l'école de Jean, à Pepinster. Dans d'autres communes, comme à Ans, c'est tout le personnel qui a été testé avant la rentrée.

  • Comment mettre à niveau les élèves qui n'ont plus fréquenté les cours depuis 6 mois?

Ses parents avaient peur et Marie n'a pas fréquenté les cours qui avaient repris en mai. C’est un des défis des enseignants. Il ne sera probablement pas possible de tout récupérer. Les professeurs devront d'abord faire un diagnostic, identifier les éventuelles difficultés et les éventuels retards pour chaque élève.

Des cours supplémentaires pour organiser les remédiations doivent être mis en place mais tant pis pour ce qui n’a pas été vu : on ne reviendra pas en arrière. "Priorité aux matières essentielles":  les écoles doivent donc d’ores et déjà faire un tri, dans les matières, entre ce qui paraît essentiel et ce dont on peut éventuellement faire l’économie.

2°) C’est la rentrée : comment va se passer concrètement la journée de cours ?

  • Qui doit rentrer ?

Absolument tout le monde : finie la tolérance sur l’obligation de fréquenter l’école. Plus question pour Marie de ne pas aller aux cours parce que ses parents ont peur. Dès le premier septembre, "l’obligation scolaire", dès cinq ans désormais, sera pleinement rétablie. Fréquenter ou non l’école, suivre ou non les apprentissages ne sera plus laissé à la libre appréciation des parents. Idem pour les pouvoirs organisateurs : ils n’ont plus la liberté d’ouvrir ou pas leurs écoles. Ils ont "l’obligation d’ouvrir les écoles et d’organiser les apprentissages".

Si les parents de Marie ont vraiment trop peur, alors, il faudra envisager les cours à domicile, qui ont le vent en poupe.

  • Et si on rentre de zone rouge ?

C’est la seule exception : l’obligation de quarantaine s’applique aux enfants comme aux enseignants après leur retour d’une zone rouge. Les écoles qui savent qu’un enfant a été en zone rouge peuvent le renvoyer chez lui. L’élève concerné doit subir un test et être mis en quarantaine jusqu’aux résultats. Un médecin généraliste peut délivrer un certificat de quarantaine, afin que l’enfant ne soit pas absent sans raison. Ceux qui ont été dans une zone orange doivent également être testés. Cependant, les écoles ne peuvent pas refuser ces élèves.

  • Avant et après l’école : y aura-t-il des garderies ?

La maman de Jean, qui commence tôt et finit tard, pourra le déposer à la garderie (si l'école décide de l'organiser). Mais elle devra porter un masque pour l’amener dans les locaux.

  • Les transports en commun reprennent-ils normalement ?

Marie, qui vient en tram, aura l’embarras du choix : l’offre de la STIB est à nouveau complèteMarie, comme tous les enfants de plus de douze ans, devra y porter le masque. Si Jean doit venir en bus, il y aura une tolérance.

  • Faudra-t-il porter le masque tout le temps ? En classe comme en cour de récré ?

Jean ne devra pas le porter, mais Marie oui. En classe du moins. Pour leurs professeurs, par contre, ce sera quasi tout le temps, même si pour Jean, la circulaire précise que "le personnel porte le masque lorsque la distance physique ne peut pas être respectée. L’enseignant porte le masque pendant le temps de classe lorsqu’il parle à voix haute”.

Des "pauses" seront toutefois admises, à la récréation et lors des activités sportives.

Et en maternelle, bien sûr, pas question de distanciation

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  • Faudra-t-il respecter une "bulle" ? Est-ce que Marie et Jean pourront aller voir leurs copains d'autres classes ?

Oui, ils pourront ! L'idée de la bulle-classe est abandonnée. Les enfants pourront donc se voir et jouer ensemble dans la cour de récréation (ceci reste cependant à l'appréciation des écoles). Les aires de jeux pourront être utilisées comme avant.

Par contre, la maman de Marie qui aimait venir voir les autres élèves devra rester à l'extérieur : les parents ne sont pas les bienvenus dans l’école. La circulaire dit d'"éviter les regroupements de parents à l’entrée/sortie de l’école. Si pas possible, respect des distances physiques et masques". 

Chaque direction pourra toutefois décider si elle laisse exceptionnellement les parents d’un enfant de classe d’accueil ou de première maternelle entrer dans la classe les tous premiers jours de la rentrée. 

  • Le midi, peut-on manger à la cantine?

Oui, elles peuvent fonctionner normalement. Mais chaque école pourra décider de ne pas organiser ce service.

  • Et dans la salle des profs, ça se passe comment ? 

Les adultes doivent respecter la distanciation sociale. Et si cette distance ne peut être garantie, ils portent un masque. 

  • Les activités de groupe et sorties seront-elles possibles ?

Jean allait à la bibliothèque avec sa classe. Il pourra continuer et peut même espérer une excursion "dans le respect des règles qui s’appliquent dans la société en général".

Par contre, la traditionnelle sortie au musée des Beaux-Arts en troisième année est annulée pour Marie : les activités extra-muros (excursions, visites culturelles…) sont suspendues jusqu’à nouvel ordre (exception faite des activités d’observation et des exercices sportifs). Question de prudence, mais aussi de temps à rattraper.

Après les cours : qui peut garder les enfants ? Que faire en cas de symptômes ?

  • Les grands-parents peuvent-ils garder les enfants ?

C’est autorisé. Cependant, il est recommandé que ce soit toujours la même personne qui vienne chercher les enfants à l’école. Tout comme les parents, les grands-parents doivent évidemment porter un masque pour venir à l’école.

  • Et si un cas apparaît dans l’école, que se passe-t-il ? Doit-elle fermer ?

A partir de la rentrée, pour ce qui concerne les maternelles et les primaires : un cas positif, enfant ou personnel enseignant, est mis en quatorzaine. On analyse la situation des "cas contacts" (les personnes n’ayant pas respecté le 1,5 m de distance) : ceux-ci ne sont pas écartés, mais l’apparition de symptômes est surveillée. Si les symptômes apparaissent, les cas contacts sont invités à consulter un médecin et se mettre en quatorzaine.

En secondaire, c’est légèrement différent : un cas positif, enfant ou personnel enseignant, est mis en quatorzaine. Les "cas contacts" sont immédiatement mis en quatorzaine et testés.

Quelques exceptions : les frères et sœurs du cas positif seront écartés d’office. Si un enseignant est positif, les cours continueront (avec un autre enseignant) en primaire et secondaire uniquement. La classe maternelle concernée sera fermée. Enfin, si deux cas positifs devaient apparaître dans la même classe, celle-ci est fermée.

  • A partir de quand un enfant doit-il rester chez lui ? Selon quels symptômes ?

Jean ou Marie devront rester chez eux et ne pas venir à la garderie ou aux cours s’ils présentent l’un des symptômes suivants d’une infection virale aiguë :

  • toux ;
  • difficultés respiratoires ;
  • gros rhume ;
  • maux de gorge ;
  • fièvre ;
  • maux de tête, douleurs musculaires, douleur thoracique ;
  • perte d’odorat ou de goût ;
  • diarrhée aqueuse sans cause apparente.

ou une aggravation de symptômes respiratoires chroniques (asthme, toux chronique, allergies…).

Un nez qui coule n’est donc en principe pas suffisant. Mais en cas de doute, mieux vaut contacter son médecin traitant qui indiquera la marche à suivre.

Mais encore…

  • Les cours reprennent-ils à l’académie de musique ?

Oui, Jean pourra reprendre ses cours de guitare.

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