Prescriptions médicales: fini le gribouillage, vive l'ordonnance électronique

Les pharmaciens partagés sur la prescription électronique
Les pharmaciens partagés sur la prescription électronique - © Tvn

Les prescriptions médicales griffonnées sur un bout de papier appartiendront bientôt au passé, à partir du 1er janvier 2018. Mais dès le début de cette année, pour permettre la transition, les ordonnances médicales seront entièrement électroniques. Le médecin devra rédiger sa prescription via son ordinateur et l'encoder via la carte d'identité du patient. La pharmacie lira, à son tour, directement cette prescription, grâce à cette même carte d'identité.

A condition d’être préalablement agréé pour accéder à une plateforme électronique d’information commune aux médecins et aux pharmaciens. A priori, ce nouveau système offre beaucoup d’avantages, surtout pour l’Inami qui l’impose aux médecins mais aussi aux pharmaciens. Une plus grande lisibilité, moins d’erreurs sur les noms des patients et des médecins, beaucoup moins de fraudes : les photocopies, c’est fini tout comme les ordonnances qu’on présente deux fois. Fini aussi les vieilles prescriptions, des "astuces" qui auraient coûté plus de 800 000 euros de pertes à l’Inami en 20 ans à peine.

Un accueil mitigé

Mais cette petite révolution est tièdement accueillie par les médecins. Françoise Bohy est médecin à Bruxelles: "Désormais, nous devrons être connectés en permanence. Même lors de nos visites à domicile. Tout le monde n’ayant pas le wifi, c’est nous qui devront trouver le moyen de nous connecter. Pas évident pour les non-initiés… Autre problème : le médecin va devoir expliquer à des personnes âgées qu’elles n’auront plus droit à leur prescription papier. Et cela risque de les désorienter…"

Il n’y a pas qu’eux qui risquent d’être perturber poursuit Françoise Bohy : "Lors de nos réunions avec les confrères, nous avons déjà évoqué la question. Et pour ceux d’entre nous qui approchent de la retraite, toutes ces nouveautés informatiques, c’est trop ! Ils préféreront se retirer plutôt que de devoir se connecter… "

Efficace contre les fraudes

Et les pharmaciens ? Evelyne Duchene est installée à Auderghem depuis 28 ans. Des changements dans le métier, elle en a connu beaucoup. Elle reconnaît que ce système présente des avantages réels. "On va gagner en lisibilité. C’est sûr ! Il faut parfois beaucoup de talent pour déchiffrer l’écriture des médecins, ce n’est pas qu’une légende. Les noms des patients, des médecins et surtout des médicaments prescrits seront indiqués clairement".

"Le risque d’erreur sera donc quasi nul. Plus moyen non plus de photocopier une ordonnance ou de la présenter deux fois. Et plus possible de se présenter dans deux pharmacie différente avec la même prescription. Et une fois le système bien rodé, nous allons gagner du temps et faire des économies en coût de personnel. Tout ça c’est vrai ! Mais ce que je crains, c’est le caractère automatique de l’opération. On fera plus attention à bien encoder toutes les infos que de discuter avec le patient. Or, souvent, nous conseillons très utilement ce patient sur la façon de suivre un traitement. Je crains que cela ne déshumanise encore un peu plus le métier" poursuit-elle.

Une période transition

Autre inquiétude de ces professionnels de la santé : que se passera-t-il en cas de panne du système ? Selon l’Inami, on en reviendra exceptionnellement aux prescriptions papier. D’ailleurs pendant un an et jusqu’au 1er janvier 2018, les médecins délivreront encore, non pas des prescriptions ; mais des "preuves" écrites de prescriptions avec un code barre à présenter à la pharmacie. Un dernier griffonnage avant le règne de l’électronique…

Dernières précisions de l’Inami: "les prescriptions papiers faites avant le 1er janvier 2017 restent valables. Elles demeurent remboursables par l’assurance soins de santé et indemnités jusqu’à la fin du 3e mois civil suivant : soit la date de la prescription, soit la date à laquelle le prescripteur souhaite que la prescription soit délivrée, si cette mention y figure."

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