Les pesticides se retrouvent vraiment partout et même dans les tampons

85% des tampons et serviettes contiendraient du Roundup dans ce pays où l’OGM est roi.
85% des tampons et serviettes contiendraient du Roundup dans ce pays où l’OGM est roi. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Et oui… Partout on vous dit. Des recherches menées en Argentine ont démontré que la majorité des tampons et des serviettes hygiéniques contiennent du glyphosate, le fameux Roundup. 85% en contiendraient dans ce pays où l’OGM est roi, les denrées cultivées ayant été justement modifiées pour résister à la star absolue des pesticides du géant américain Monsanto. Une femme utiliserait près de 11 000 tampons ou serviettes hygiéniques dans sa vie, de quoi être sérieusement effrayé. Rappelons que le glyphosate est considéré comme "probablement cancérogène" par l’OMS.

Mais l’étude va plus loin : cotons et compresses en contiendraient également et donc, la population exposée est potentiellement est énorme : "Ce pesticide ne s'accumule pas dans l'organisme mais les expositions répétées peuvent perturber le métabolisme humain", selon le docteur Laurent Chevallier, chef de l'unité de médecine environnementale du CHU de Montpellier, dans Ouest France.

Conséquence : alors que la législation n’oblige pas les fabricants à détailler la composition des tampons, une Française a lancé une pétition en ligne afin que la marque Tampax notamment affiche celle-ci sur l’emballage de ses produits.

Des perturbateurs endocriniens partout et tout le temps

En 2014, une autre étude avait découvert "un véritable cocktail de pesticides" dans les cheveux d’enfants. Des mèches de jeunes enfants issus de zones rurales françaises ont été analysées afin de mesurer leur imprégnation aux pesticides. 21 résidus ont été détectés en moyenne sur chaque mèche dont 13 ont été retrouvés systématiquement.

Les fabricants ont directement réagi en argumentant que les quantités détectées étaient infinitésimales et n’étaient donc pas forcément synonyme de danger. L’association responsable de l’analyse entendait néanmoins sensibiliser sur la problématique afin de protéger les populations les plus sensibles contre les perturbateurs endocriniens, des substances, naturelles ou de synthèses, qui ont le pouvoir de modifier la régulation hormonale du corps humain, l’un des piliers de son fonctionnement. A la clef, les risques de cancers, de stérilité ou de diabète augmentent significativement.

Une protection préventive est d’autant plus fondamentale que l’"effet cocktail", lorsque différentes substances interagissent, reste mal connu.

Comment prévenir ?

Deux périodes sont particulièrement à risques face aux perturbateurs endocriniens : la grossesse et l’enfance jusqu’à l’adolescence. Voici donc quelques indications pour tenter de limiter les risques car s’y soustraire totalement, est tout simplement impossible.

  • Manger bio ou au moins bien nettoyer les fruits et légumes avant consommation;
  • Ne pas chauffer des éléments en plastique au microonde (phtalates ou le Bisphénol A);
  • Éviter le tabac durant la grossesse (nombreux perturbateur hors nicotine);
  • Éviter cannettes et boites de conserve préalablement recouvertes de plastique (Bisphénols);
  • Utiliser le moins de pesticides possibles lors du jardinage;
  • Utiliser des peintures sans adjuvants dans la chambre du bébé;
  • Utiliser des produits naturels pour le nettoyage, les shampoings, les produits de beauté ou les déodorants.
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