La mode se met au commerce équitable

Chez Coucou, une caution et un petit prix de location suffisent pour repartir avec une robe ou un accessoire pour 4 jours.
Chez Coucou, une caution et un petit prix de location suffisent pour repartir avec une robe ou un accessoire pour 4 jours. - © Tous droits réservés

Vous en avez marre de cautionner les grandes marques et leur impact sur l'environnement? Vous vous inquiétez du sort réservé aux travailleurs qui confectionnent vos vêtements ? Ça tombe bien, les habitudes changent doucement. La mode devient de plus en plus équitables au même titre que des denrées alimentaires comme le cacao, le café ou les bananes.

Les fripes n’ont plus forcément l’image un peu bobo qu’on peut leur prêter. Aujourd’hui, l’équitable, c’est mode et ça ne va plus de pair avec l'image ringarde de vieille chaussure cabossée achetée en seconde main ou tout simplement moche.

La mode éthique est née dans les années 80 mais depuis le début du millénaire, elle prend vraiment son envol et vise à rémunérer correctement près de 20 millions de personnes qui vivent du coton à travers le monde.

Max Havelaar, chantre du commerce équitable (avec ses défauts), développe depuis longtemps déjà des partenariats avec de nombreuses marques mais au-delà de l’utilisation de plus en plus répandue du coton équitable/bio, les façons de consommer éthiquement les vêtements se multiplient et les idées fleurissent.

Vide grenier

Fashion Shift Now, c’est le projet de deux amies qui ont décidé de réveiller les consciences. Le but est de relever des challenges à remporter durant un an. L’initiative incite par exemple à aller acheter des vêtements dans les magasins de seconde main ou à aller vers des marques plus éthiques tout gardant le style: "On ne voit pas l’envers du décor quand on va acheter des vêtements. Ça implique les travailleurs, les ressources de la planète. Nous, on essaie de faire changer les mentalités pour prendre en compte tous ces aspects lors d’un achat", explique Lara Piret, une des co-fondatrice du site. Et ça marche, à l’heure actuelle plus de 600 personnes ont adhéré au concept.

Louer sa robe du soir

Une soirée au dressing code bien établi ? Pas besoin d’aller dépenser des fortunes pour une robe que vous ne mettrez plus. Les vêtements peuvent avoir plusieurs vies mais dès le départ, ils peuvent aussi être partagés entre plusieurs personnes. C’est ce que propose Coucou à Saint-Gilles. L’idée: des vêtements en droite ligne de différents magasins de seconde main ou des dépôts de créateurs belges sont mis en location dans un dressing room de rêve. Une caution et un petit prix de location suffisent pour repartir avec une robe et/ou un accessoire pour 4 jours et ainsi, "sortir un peu des sentiers battus plutôt qu'acheter automatiquement un vêtement qui ne ressortira peut-être plus de l’armoire pendant des mois voire des années, justifie Malou une des créatrices du projet. Il faut un changement dans les mentalités et apprendre à remettre plusieurs fois la même robe" ou plutôt comme ici, partager une même robe à plusieurs.

Ce ne sont que deux exemples parmi des centaines d'initiatives qui existent en Belgique. A travers tout le pays, que ce soit exposé plus publiquement comme ces deux exemples ou juste entre copines qui s'échangent vêtements et bijoux dont elles n'ont plus l'usage, les mentalités changent doucement. 

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