Hoax, bad buzz, qu'est ce que c'est? Décryptage

La RTBF est victime d'un "bad buzz" depuis dimanche
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La RTBF est victime d'un "bad buzz" depuis dimanche - © RTBF

"Hoax" et "bad buzz". Tout le monde ne connait pas forcément ces deux termes à consonance anglaise, qui ont chacun, une signification différente.

C'est quoi un hoax? (prononcez hôôx)

Un hoax est un canular. Parfois créé de toute pièce à des fins malveillantes, parfois juste dans le but de faire sourire. Le contenu est relayé sur les réseaux sociaux et/ou par emails. Un nombre incalculable de hoax pullulent sur le net, avec des approches et des objectifs différents.

Exemples : les fausses infos créées dans le but d'influencer l’opinion publique, les fausses infos pour faire du clic et gagner de l’argent via les régies publicitaires sur la page web, les infos qui arrivent par mail aux et qui suggèrent aux destinataires de les partager dans le but d'obtenir leurs données privées (ils vous soudoient en proposant de gagner des téléphones, voyages, ou éviter de payer Facebook). Bref, il en existe plein, de toutes les couleurs et pour tous les goûts.

C'est quoi un "bad buzz" ? 

Le "bad buzz" est un phénomène de bouche à oreille négatif (d’où le "bad") qui prend généralement vite de l’ampleur. Il est souvent issu ou provoqué par une erreur ou une action d’une entreprise, d’une marque, d’un média, d’une personne, d’une publicité, etc. Le "bad buzz" est généré sur les réseaux sociaux et peut également être repris ensuite sur les médias traditionnels (l'inverse est également possible).

Le "bad buzz" peut être de natures diverses. Et une fois la machine mise en marche, la puissance des réseaux sociaux peut s’avérer féroce et porter préjudice au média, à l’entreprise ou à la personne incriminée.

Exemple made in Belgium

La RTBF en a fait les frais ce lundi 28 novembre. Il s'agit ici d’une photo d’un policier cagoulé (dans le but de préserver son anonymat) accompagné de la banderole "Philippe Houyoux, Commissaire Police Locale de Liège" (qui faisait référence à l'intervenant précédent), rapidement devenue virale sur Facebook et Twitter. L’image a été capturée lors d’un reportage sur le 40ème anniversaire du peloton anti-banditisme de Liège diffusé dimanche au JT de 13H.

"Une simple erreur technique transformée en une bourde dont seuls les Belges ont le secret".

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour que ce cliché atteigne plusieurs milliers de partages avec à la clé, des milliers de personnes persuadées que la chaîne avait bien révélé l’identité de la personne interrogée, soit un beau fail de fin d’année. Le journal français Libération a également décodé ce malentendu, l'article est à lire ici

Les Français ne sont d'ailleurs pas de tout reproche dans l'exercice du bandeau. La chaîne publique française, France 2, a par exemple confondu Didier Reynders et Elio Di Rupo en plein JT.

On pense également au Community Manager de Ryanair qui s'était quelque peu emporté dans un Tweet durant l'Euro 2016 de football. 

RTBF

Un autre exemple de bad buzz, en provenance du Japon, cette fois-ci

Hier aussi, c’est une patinoire au Japon qui subissait un bad buzz. Les organisateurs de l'attraction ont eu l’idée de placer 5000 poissons morts sous la glace, à la grande stupéfaction et au dégoût des clients. L’histoire a fait le tour du web, des réseaux sociaux et des médias du monde entier. Un bad buzz, synonyme de mauvaise publicité dont se serait bien passé le parc d’attractions Space World.

Tour du monde d'une info en 80 secondes (de quoi désorienter Jules Verne)

Le hoax et le bad buzz piègent régulièrement les médias. Comme l'indique Slate, le Korea Times, affirmait en 2013, que Kim Jong-un obligeait désormais tous les Nord-Coréens à avoir la même coiffure que lui. Les médias du monde entier ont partagé l’info alors qu’elle était fausse ou du moins non vérifiée. C’est un exemple criant du malaise dont souffre le monde de l’information et des médias, l’instantanéité de l’information au détriment de la véracité de son contenu.

Les chiens de garde de l’info

Certains sites d’information ont développé un pôle spécifique pour se lancer dans le décryptage des informations bidon qui pullulent sur la toile. Leur mission ? Faire du "fact checking" (encore un terme anglais, décidément). Il s’agit en fait de démonter les théoriques du complot, les chiffres erronés balancés à la grosse louche par des politiciens peu scrupuleux ou encore de remettre une photo dans son contexte. Citons par exemple "Les Décodeurs" du journal Le Monde ou "LibéDésintox" du journal Libération ou encore "Le scan" de Thomas Gadisseux sur la RTBF.

Vous craignez toujours de vous faire piéger après la lecture de cet article ? Vous avez tendance à tout gober sur internet ? Vous êtes du genre à penser qu’Hitler est toujours vivant ou que Michael Jackson est, en ce moment, occupé de siroter un Bloody Mary avec son pote Elvis Presley sur une île déserte ? Voici six conseils utiles pour surfer en toute sécurité.

 

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