Attaque du Thalys: patrouilles et billets nominatifs dans les trains internationaux

Une vingtaine de ministres européens ont appelé samedi au renforcement des patrouilles conjointes et à l'extension du recours aux billets nominatifs dans les trains internationaux longue distance, pour renforcer la sécurité après l'attaque dans un Thalys le 21 août.

Ces mesures figurent dans une déclaration commune publiée à l'issue d'une réunion à Paris des ministres de neuf pays, qui ont appelé à renforcer les contrôles des passagers et des bagages sur les transports internationaux et à intensifier les échanges d'informations, notamment entre les différents services de police.

Dans une déclaration commune lue par le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, les ministres ont appelé à renforcer les patrouilles mixtes à bord des véhicules effectuant des transport internationaux, notamment les trains Thalys. Ils ont également plaidé pour une utilisation plus systématique de tickets nominatifs et pour des "opérations de contrôle simultanées et coordonnées sur des trajets ciblés".

La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse jugent par ailleurs "indispensable de mettre en œuvre des opérations de contrôle simultanées et coordonnées sur des trajets ciblés", a déclaré le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, lisant cette déclaration.

"Pas question de revenir sur Schengen", assure Jan Jambon

Le renforcement des contrôles des passagers et des bagages figurent également dans les solutions évoquées pour améliorer la sécurité des transports internationaux. L'identité des voyageurs devrait ainsi être vérifiée de manière plus systématique, a expliqué la ministre Jacqueline Galant (MR). La police et le service Securail collaboreront afin de mener ces contrôles à bien, a-t-elle précisé.

Jacqueline Galant se rendra "prochainement" en Espagne afin de constater comment les autorités ont réagi après les attentats qui avait frappé plusieurs trains le 11 mars 2004, faisant 191 morts.

Face aux inquiétudes que pourraient soulever ces mesures, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a rappelé qu'il n'était nullement question de revenir sur les accords de Schengen. "Schengen nous offre déja beaucoup de possibilités d'améliorer les choses", a déclaré Jan Jambon (N-VA). Mais pour que la libre-circulation des citoyens soit assurée, il faut que le contrôle des frontières extérieures fonctionne de manière efficace. "Et là, des manquements ont été constatés", a-t-il fait remarquer.

Les deux ministres ont par ailleurs indiqué que la possibilité de fouiller les passagers n'avait pas été évoquée.

Les 26 pays de la zone Schengen ont aboli les frontières physiques et le principe de libre circulation des personnes interdit de réintroduire des contrôles systématiques aux frontières.

Cette réunion avait été organisée à la suite de l'attaque terroriste avortée ayant visé un train Thalys. Le 21 août, en gare de Bruxelles, le Marocain Ayoub El Khazzani, 25 ans, est monté à bord d'un Thalys en provenance d'Amsterdam et à destination de Paris avec un fusil d'assaut, un pistolet automatique, 270 balles, un cutter et une bouteille d'essence dissimulés dans ses bagages.

Ce jeune homme, repéré auparavant pour ses prises de position radicales, a visionné une vidéo de prêches jihadistes avant de sortir ses armes. L'intervention de plusieurs passagers, notamment de trois militaires américains en vacances, a permis de le maîtriser avant qu'il ne fasse un carnage.

Il a été inculpé pour tentatives d'assassinats en lien avec une entreprise terroriste. Quatre des passagers qui l'ont maîtrisé ont été décorés par le président français François Hollande, quatre autres le seront ultérieurement.

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